"Si vous possédez une bibliothèque et un jardin, vous avez tout ce qu'il vous faut."
Cicéron

dimanche 31 juillet 2016

Les valises sont prêtes !





Enfin, presque...  Quoi qu'il en soit, le moment est venu : 
les vacances sont là.

Profitez bien de votre été, au plaisir de vous retrouver à la rentrée !

samedi 30 juillet 2016

L’Award de l’été






Il y a peu Les conteuses, le blog de passionnées de travaux d'aiguilles relayées par Syl sur la toile, m'ont décerné un Award : un grand merci à elles, c'est toujours un grand plaisir de suivre leurs superbes travaux.  Je loue leur patience et leur dextérité; les suivre est un peu magique.

Maintenant, c'est à mon tour.  Je dois donc : remercier la personne, écrire la liste des règles, mettre la photo de l’Award, écrire 7 faits me concernant et passer le relais.

  1. Les vacances approchent à grands pas : c'est entre deux valises que je rédige ce billet,
  2. Pour les vacances, j'ai opté pour la liseuse, histoire d'alléger les valises.  J'ai été bien gourmande en la chargeant cette année,
  3. Ma PAL de vacances est toujours prête bien avant les autres valises.
  4. A la rentrée, je devrai(s) ranger mon bureau mais je crains de me laisser aller.  Je suis un peu paresseuse ^^
  5. Je viens de soutenir le projet d'Edwige et de sa famille : ils décident de changer de vie et de prendre la route, c'est fantastique !  N'hésitez pas à découvrir leur aventure et à en parler à votre tour.
  6. Syl vient de me conseiller deux titres bien tentants, je les ai commandés dans la foulée.  Je suis faible...
  7. Je retourne à mes valises et puis, je file corriger un texte d'élève à poster demain matin.
Il me faut à mon tour transmettre cet Award : les vacances aidant, la tâche n'est pas aisée mais c'est avec plaisir que je délivre cet award à : 

  1.  Le petit monde de Bénédicte
  2.  Edwige crée des trucs
  3.  Estellecalim
  4.  A quand les bonnes nouvelles
  5.  D'autres vies que la mienne


Aide-moi si tu peux de Jérôme Attal

La présentation de l'éditeur :

Stéphane Caglia n'est pas un flic comme les autres. Pour échapper à la violence urbaine qui est son quotidien, il se réfugie dans les années 80 – les années de son enfance.

Traqué par un tueur à la solde d'une mystérieuse secte, il va devoir enquêter sur la disparition d'une jeune fille, liée à une série de crimes. Tamara, dix-sept ans, postait sur Internet des reprises de chansons des Beatles. Là est peut-être la clé de l'énigme...

Avis 

Résolument coincé dans les années 80, Stéphane Caglia concilie avec bonheur sa passion pour la décennie qui a marqué son enfance et son travail dans la police. 

Pour l'instant, en pleine période de canicule, il se voit confier une nouvelle enquête : un homme est mort, étranglé au moyen d'une corde de guitare.  Pour venir corser le tout, les recherches mènent à une découverte étrange : la tête d'une jeune fille dans le congélateur de la victime.

Comme si cela ne suffisait pas, Caglia se voit également chargé d'une coéquipière inattendue: une jeune anglaise en formation, Prudence Sparks.  Une jolie prime...

Tandis qu'une affaire qui semblait terminée se rappelle au bon souvenir de Caglia, le tandem Caglia-Sparks trouve peu à peu ses marques et s'oriente vers une piste musicale, les chansons des Beatles apparaissant régulièrement dans le décor des enquêteurs.

Conciliant la musique, les années 80 et de sordides meurtres, le roman de Jérôme Attal est un roman policier à l'allure joyeuse : l'enquête de base est sérieusement construite mais d'autres éléments viennent en alléger la noirceur.  Ainsi le rythme imprimé par l'auteur, l'univers musical qui berce l'enquête ou encore les rebondissements soigneusement distillés au fil des pages.


Sans oublier le héros : un personnage hors du commun, rigoureux dans son travail mais sans cesse focalisé sur les années 80.  Ses références m'ont rappelé de charmants souvenirs et ses répliques percutent à chaque fois.  Sa présence donne un côté agréablement décalé et émouvant au récit; l'ensemble est savoureux.  Un heureux mélange d'humour et de nostalgie sur fond de roman policier; un cocktail que je ne peux que vous encourager à découvrir !

Anti-Glace de Stephen Baxter


Lecture en partenariat : merci au  Livre de Poche pour cette découverte !

La présentation de l'éditeur :

L’anti-glace est une matière au potentiel hautement énergétique. Inerte à basse température, elle atteint son rendement optimal sous l’effet de la chaleur. Depuis sa découverte par une expédition anglaise dans les neiges du pôle Sud, elle a donné à la Couronne britannique, en cette seconde moitié du xixe siècle, le leadership mondial. Une situation qui exacerbe les tensions entre le Royaume-Uni, la France et la Prusse...

Jeune diplomate en mal d’aventures, Ned Vicars est à Ostende dans le but de contempler l’avènement d’une de ces merveilles scientifiques qu’autorise l’anti-glace. Mais il se retrouve bientôt bloqué, lui et une poignée d’autres infortunés, à bord du Phaeton, engin prodigieux qui quitte l’atmosphère terrestre en direction de la Lune. L’équipée fantastique commence. Une aventure steampunk débridée.

Avis 

Grâce à l'anti-glace, l'Angleterre est devenu un empire puissant qui cherche à s'imposer sur l'Europe.  Cette matière inédite a connu de nombreuses applications civiles mais aussi militaires par le génie de Josiah Traveller.  L'équilibre européen en a été bouleversé et les tensions sont vives.

Un peu naïf et impressionnable, le jeune Ned Vicars se voit tout à coup libre de son temps suite à une mission avortée sur le site de l'Exposition Universelle de Manchester.  Il décide alors de se rendre à Ostende pour assister au lancement en grandes pompes d'un vaisseau à la pointe de la technologie, le Prince Albert.  Sans le savoir, le voilà qui plonge au cœur d'un complot terroriste qui va le mener bien plus loin qu'il n'aurait osé le rêver...


En côtoyant sir Josiah Traveller, l'inventeur de l'anti-glace, Ned Vicars met le pied dans un engrange inattendu : il entre ainsi dans une aventure fantastique, mélange de grandes découvertes et de sombres considérations politiques.  La partie portant sur les progrès scientifiques et la conquête spatiale m'a intéressée mais je me suis perdue dans les digressions politiques, faites de diplomatie et de stratégie militaire.  Grâce à une galerie de personnages solidement croqués et à une intrigue originale, j'ai pourtant pris plaisir à suivre le voyage de Ned Vicars et de ses compagnons : une aventure agréable à lire!

lundi 25 juillet 2016

La ligue des enfants extra ordinaires de Gitty Daneshvari


Lecture en partenariat avec Livraddict et les éditions Michel Lafon : un grand merci à tous deux pour cette lecture !


Le résumé de l'éditeur 

Quand les gens disent que “ les enfants sont l’avenir ”, ils ne pensent pas à moi. »
Jonathan Murray, 12 ans

Qu’est-ce que la Ligue des Enfants Ordinaires ? Eh bien, je suis ravi que vous me posiez la question. (Oh, vous n’avez rien demandé ? Vous l’auriez fait à un moment ou à un autre, et je déteste perdre mon temps.) Nous formons un réseau secret d’espions composé des enfants les plus quelconques du pays, ceux qu’on oublie complètement. Pourquoi des enfants banals ? Pourquoi pas des surdoués ? Ou des sportifs ? Ou des reines de beauté ? Parce que les gens n’oublient pas ces derniers, alors qu’ils nous oublient, nous. Et vous savez pourquoi ? Parce que nous nous fondons dans le décor. Nous évoluons dans l’angle mort du monde.

Avis

Dans la petite ville d'Evanston, tout est soigneusement contrôlé et l'excellence est encouragée.  Pourtant Shelley et Jonathan y mènent une existence sans histoire : même leurs camarades de classe ne les remarquent pas.  Tous deux semblent insignifiants, transparents même.

Curieusement, tout à coup, cette banalité devient un atout et leur permet d'intégrer la Ligue des Enfants Ordinaires, un réseau d'espions inhabituel.  Appelés à la rescousse après l'enlèvement du Vice-Président des Etats Unis, Shelley et Jonathan sont les premiers surpris de se voir confier une mission...

Dans ce roman jeunesse amusant et animé, Gitty Daneshvari met au centre de l'action des anti-héros pour le moins inattendus.  Shelley et Jonathan n'ont vraiment rien de remarquable : Shelley parle à tort et à travers, elle ne s'investit en rien dans son nouveau "métier"; à ses côtés, Jonathan ferait même figure de bon élève !  Les voir évoluer à côté de leurs collègues du MI5, les efficaces Vera et Félix, est drôle et plein de surprises, tant le contraste est fort.

Pour les encadrer, l'auteur a prévu des adultes, eux aussi, un peu spéciaux : ainsi, l'infirmière Maidenkirk, le recruteur de la Ligue, Hammett ou Arthur Pelton, le gardien de la Maison Blanche valent également le détour.

L'histoire est basique : une intrigue autour de codes volés, animée de suspense; elle plaira aux jeunes lecteurs qui pourront, à l'instar des héros, échafauder quelques pistes. Et les voir retomber quelques pages plus tard... L'humour est bien présent et de nombreuses illustrations viennent également égayer l'ouvrage, tout comme des citations en début de chapitres, présentées comme des dossiers top-secret.

Sous ses dehors légers, le récit se penche sur le rejet des différences et la recherche de la performance que l'on demande souvent aux enfants.  Ici, le message est tout autre et ceci est plutôt appréciable.

En résumé, tous les ingrédients pour plaire aux jeunes lecteurs sont réunis ici : une histoire sympathique, de l'humour, de l'action, une morale plaisante...





dimanche 24 juillet 2016

Ardalén, vent de mémoires de Miguelanxo Prado

Le résumé de l'éditeur 

Chamboulée dans sa vie personnelle et professionnelle, Sabela se rend dans un village des montagnes de Galice, sur les traces d’un ami de sa famille. Mais sur place, sa rencontre amicale avec un vieil homme solitaire, Fidel, va bientôt bouleverser les projets de la jeune femme. En dépit de l’hostilité et de la jalousie de certains villageois alentour, l’un et l’autre en viennent rapidement à s’échanger confidences et souvenirs. Leurs récits s’entremêlent et la mémoire impétueuse de Fidel, qui invoque souvent l’univers coloré de Cuba, semble parfois acquérir la texture du réel : l’évocation de sa fiancée d’autrefois Rosalia, de son ami Ramon disparu dans un naufrage, d’une mystérieuse fée qui lui fait écouter la mer dans un coquillage, et jusqu’à ses visions du chant des baleines, qui lui apparaissent parfois à l’orée de la forêt, poussées par le vent…

Avis 

A la recherche d'un ami de son grand père, Sabela retourne dans le village de Galice, berceau de sa famille.  Il y a fort longtemps, Francisco en serait parti pour Cuba et sa petite fille aimerait rencontrer quelqu'un qui l'aurait connu.  

Sur les conseils des villageois, elle y rencontre Fidel, un vieil homme à la mémoire défaillante.  Pourtant, entre Fidel et Sabela, le courant passe et les discussions s'éternisent : Fidel aime à se rappeler Cuba, ses amis, sa fiancée, ...  Il aime également les promenades dans les bois d'où surgissent des baleines, les jours de grand vent.

Tandis que Sabela, désormais sans réelle attache, s'attarde au village, les discussions vont bon train sur l'amitié qui la lie au vieil homme...


J'ai beaucoup apprécié ce voyage au gré de la mémoire hésitante de Fidel : les vues d'Espagne, les souvenirs de Cuba, ces étranges baleines...  Le récit oscille sans cesse entre rêve et réalité : le résultat est poétique, chargé d'émotions.  Le dessin est unique, très particulier mais son charme colle bien à cette histoire dont on doute sans cesse, soumise aux caprices de l'Ardalén, ce vent qui souffle sur les côtes atlantiques.

mardi 19 juillet 2016

Journal d'un étudiant français à l'étranger d'Amaia Arrazola et Raquel Pineiro

Lecture en partenariat avec Babelio et les Editions Hors Collection : un grand merci!

La présentation de l'éditeur :

Un beau jour, tu te mets à rêver d'un départ… D'un côté, les raisons officielles : apprendre une langue, étudier dans une université européenne, se faire des contacts. De l'autre, les raisons officieuses : les fameuses « orgies Erasmus » et les interminables nuits d'excès qui stimulent ton côté fêtard… 

Avec humour et nostalgie, l'illustratrice Amaia Azzazola et la journaliste Raquel Piñeiro racontent toutes les expériences inoubliables d'un séjour Erasmus : tenir une conversation dans trois langues à la fois, avoir une vie sociale digne d'un DJ d'Ibiza, organiser des dîners thématiques aux allures de sommets onusiens, assister à des déclarations éphémères d'amour éternel… sans oublier les week-ends marathons, les rencontres improbables et la nostalgie du retour au bercail. 

Pendant quelques mois, le programme Erasmus a changé ta vie, et, à ton retour, tu ne seras d'ailleurs plus tout à fait le même !

Avis :

Lors de la dernière Masse Critique BD, ce titre a attiré mon attention et pour cause : ma fille aînée termine actuellement un Erasmus en Allemagne.  Bien sûr, vous me direz que cet ouvrage arrive un peu tard pour nous mais sa lecture m'a bien intéressée malgré ce petit décalage.

Présenté en cinq parties à partir de l'année précédent le programme Erasmus, pour la décision et les choix qui l'accompagnent, ce roman graphique reprend les différents sujets importants pour l'étudiant en Erasmus au fil des mois.  Une table des matières imagée est présente en cours de lecture et elle se complète petit à petit.

Des points comme le choix, la valise, les visites touristiques, l'amour, les fêtes (un sujet récurrent), le retour, ... sont ainsi détaillés à l'aide de textes, d'images, de témoignages, de comparaisons.  Le tout est abondamment et joyeusement imagé : les illustrations sont plutôt gaies, souvent à base de noir et de blanc, que vient de temps en temps illuminer l'une ou l'autre couleur.  La table des matières qui se complète au fil des mois est elle tout en jaune.

Les exemples et récits de différents étudiants donnent une grande richesse à l'ouvrage mais aussi un petit côté décalé et sympathique.  Le ton est amusant, vivant, très réaliste.  A plusieurs reprises, je me suis rappelé des anecdotes racontées par ma fille : en première place, les petits choses qui te manquent pendant ton Erasmus ^^  Des frites, des frites...  Il ne me restera bientôt qu'à vérifier les symptômes post-Erasmus, en connaissance de cause cette fois !


mercredi 13 juillet 2016

Arcadia, tome 2 : La nouvelle vie de Vanessa de Cécile Soler


Le résumé de l'éditeur : 

Le grand moment est arrivé pour Vanessa. Elle rentre à Arcadia, une académie où s'entraînent des sportifs qui comme elle, rêvent de devenir des champions.

La jeune patineuse peut enfin se consacrer à sa passion, mais quelques surprises l'attendent dans cet internat très particulier.

Face à un entraîneur autoritaire et des rivales sans scrupules, Vanessa saura-t-elle s'adapter à sa nouvelle vie et continuer de glisser vers son rêve ?

Avis :

Sélectionnée pour intégrer Arcadia, une académie consacrée aux sports, Vanessa est impatiente de découvrir sa nouvelle école en ce début de trimestre et d'enfin pouvoir se consacrer au patinage, sa passion.  Tout est nouveau pour elle et il y a tant à faire pour s'intégrer.  Par chance, Vanessa n'est pas seule : elle retrouve Jade, patineuse comme elle, avec qui elle a passé le concours d'entrée. 

Elle peut aussi compter sur le soutien de Ruth et Nina dont elle partage la chambre.  Une aide bienvenue qui fait oublier la rivalité qui existe entre élèves, les entraîneurs fort exigeants, la rigueur des cours et les pestes qui, comme toujours, essayent de faire la loi, ...

Dans ce second tome, nous retrouvons Vanessa à son entrée à Arcadia : les débuts ne sont pas simples mais la jeune fille ne manque pas de caractère et s'accroche à son rêve.  Ses craintes et ses doutes semblent bien légitimes mais son entourage, mis à part ses parents à mille lieues de ses espoirs, saura l'aider à tenir bon.  La jeune fille s'affirme peu à peu et profite de cette école hors du commun.


Le récit de ces premiers jours est drôle et vivant : l'humour et la gaieté des pensionnaires donnent le ton à l'ouvrage et les difficultés en tout genre s'envolent.  Suivre Vanessa et ses amies entre sports et études est bien plaisant, les jeunes lectrices y trouveront leur compte entre amitié, dépassement de soi, courage, ...  Une prochaine aventure s'annonce avec le challenge du Médoc, de quoi attendre avec impatience un nouveau tome.

Pour découvrir le premier tome : par ici
Lecture commune avec Syl, ses billets sont ici : premier tome - second tome

lundi 11 juillet 2016

On n'est jamais à l'abri d'une bonne surprise d'Isabelle Minière


Lecture en partenariat avec les Editions Serge Safran : un grand merci pour ce joli roman.

La présentation de l'éditeur 

Martin est un comptable idéaliste, naïf et solitaire dont les seuls visages familiers sont ceux de sa boulangère et du clochard du quartier. Il aime regarder la pluie tomber, marcher dans les rues de sa ville, espérant faire une rencontre amicale ou amoureuse qui changera sa vie.

En attendant il passe son temps à nouer des amitiés imaginaires, partageant ses états d’âme avec la grand-mère d’Odette ou Martine, l’héroïne d’un film qui le fascine. On se prend alors à rêver avec lui, à espérer qu’il croisera bientôt en chemin de véritables amis. Peut-être la jeune femme qui lui demande de s’occuper de sa comptabilité ? Peut-être ces inconnus rencontrés par hasard dans la rue ?

Avis 

Etriquée, voilà un qualificatif qui colle bien à la vie de Martin : une existence un peu triste et étroite.  Alors Martin rêve, il s'imagine des amis et ses pensées flottent à propos de rien.  Même lorsqu'il s'agit d'un film.  Il espère des amis, un amour, une existence plus remplie... et en attendant, il offre du pain au SDF de son quartier.  

Sans jamais douter, Martin garde confiance en lui-même car qui sait  le destin pourrait bien s'intéresser à lui.  Petit à petit, il conquiert le monde et devient acteur de son quotidien.

Autour de la vie sans histoire de ce petit comptable, Isabelle Minière bâtit, tout en délicatesse et en sensibilité, un roman simple et réconfortant. Martin est très  humain, sa candeur émeut et le regard qu'il pose sur les détails du quotidien est pointu : il remarque ce qui échappe habituellement. 

On ne peut s'empêcher d'espérer comme lui, pour lui ou encore de se retrouver dans son univers, tant les mots de l'auteur sonnent juste.  Personnellement, c'est la tasse de Martin, une vieille amie un peu meurtrie, qui m'a paru familière.

Si l'histoire de Martin, emplie de solitude, est émouvante, elle ne semble pas triste pour autant car Isabelle Minière décrit cette existence avec fantaisie et tendresse.  Son texte respire la confiance et Martin, lui aussi, ne cesse d'espérer à sa façon, éveillant notre empathie, dans ce roman poétique et lumineux.


samedi 9 juillet 2016

Agatha Christie, le chapitre disparu de Brigitte Kernel

La présentation de l'éditeur :

« Voilà, le livre est fini. J’ai posé le point final. Le titre : Une autobiographie. Je ne me sens pas très à l’aise. Mon éditeur va s’en rendre compte… Des pages manquent : ma disparition à l’hiver 1926. Pourtant, j’ai bien écrit ce chapitre. Des pages et des pages, presqu’un livre entier. Mon secret.  Ma vie privée. Une semaine et demie qui n’appartient qu’à moi. »

C’est une histoire vraie. Un mystère jamais totalement élucidé. Une zone d’ombre qui demeure dans la vie d’Agatha Christie. Pourquoi et comment la reine du crime s’est –elle volatilisée dans la nature durant l’hiver 1926 ? Qu’a-t-elle fait pendant ces onze journées ?  Pourquoi toute la presse a-t-elle cru qu’elle avait été kidnappée ou assassinée ?

Dans ce roman passionnant, Brigitte Kernel se glisse dans la peau d’Agatha Christie pour reconstituer cette étrange disparition. Une histoire d’amour, de vengeance et de trahison.

Avis : 

Au moment de clore son autobiographie, Agatha Christie hésite : un chapitre manque et elle le veut ainsi.  Sa disparition en décembre 1926 restera son secret.  Pourtant, la romancière éprouve le besoin de se confier et à travers la plume de Brigitte Kernel, elle se livre sur ces journées restées mystère.  Ainsi, elle nous offre un chapitre V bis et nous raconte le périple qui l'a menée au Swan Hydropathic Hotel d'Harrogate.

Au départ de la disparition d'Agatha Christie en 1926, Brigitte Kernel nous propose sa version de cette escapade de la reine du crime.  C'est une femme désespérée qui quitte la maison familiale : ébranlée par la mort récente de sa mère et par les infidélités de son mari.  Souhaitant en finir avec la vie, elle roule dans la nuit mais rien ne se déroule selon ses vœux.  Perdue, elle se tourne vers son amie Nan et rejoint Londres.  C'est là que les deux femmes mettront sur pied un plan destiné à ramener à Agatha l'affection de son époux.

J'ai pris plaisir à lire ce roman, ne cherchant pas à faire la part des choses entre réalité et fiction.  Fan d'Agatha Christie, je connaissais quelques éléments de ce mystère et j'ai pris l'explication proposée par Brigitte Kernel comme une distraction bienvenue : le récit est plaisant, les pages se tournent sans effort.  La lecture réserve quelques surprises; mais pourquoi pas ?  Ainsi, on n'imagine pas derrière cet auteur machiavélique la jeune femme réservée et peu sûre d'elle qui séjourne à Harrogate.  Par contre, on retourne intact son goût bien connu pour le tea time...

En conclusion, oscillant entre fiction et réalité, Brigitte Kernel nous offre une parenthèse agréable à parcourir dans la vie d'Agatha Christie, un portrait doux-amer d'une femme perdue face à la cruauté de l'existence.



mardi 5 juillet 2016

Lilliputia de Xavier Mauméjean

Lecture en partenariat : merci au  Livre de Poche pour cette découverte !

La présentation de l'éditeur 

Coney Island, début du XXe siècle. L’île abrite un parc d’attractions d’un genre nouveau, Dreamland, où sont rassemblés 300 nains venus du monde entier. La communauté – Lilliputia – possède un parlement, un théâtre, des bas-fonds et même une compagnie de pompiers qui déclenche ses propres feux pour divertir les visiteurs ! Elcana, jeune homme de petite taille venu d’Europe de l'Est, comprend vite qu'il lui revient de libérer ses semblables de la servitude dans laquelle on les a placés.

Quand la mythologie grecque rencontre un pan de l’histoire américaine : voici une réinvention magistrale de la figure de Prométhée. Bienvenue à Dreamland…

Avis 

Lilliputia : une ville incroyable à Coney Island au début du XXe siècle.  L'Amérique se construit et un homme d'affaires un peu fou rêve d'un parc d'attraction hors du commun, ce sera Dreamland.  Parmi les univers représentés dans le parc, à côté de la Lune et des monstres, Lilliputia est une cité habitée par des nains : un maire, des pauvres, des voyous, ...Tout y a été prévu.

Parmi les citoyens, Elcana, natif d'Europe de l'Est, arrivé contre son gré.  Embauché par la compagnie des pompiers, Elcana découvre rapidement l'envers du décor et voit sa ville d'un oeil bien différent de celui de ces concitoyens.  Sa clairvoyance le conduit alors à vouloir renverser l'ordre établi et à réclamer sa liberté.  En rassemblant les univers de Dreamland.


Mêlant l'histoire américaine, la mythologie et les références culturelles, Lilliputia nous emmène dans un univers particulier, ce parc fantastique et nous conte l'épopée d'Elcana se démenant pour libérer les siens d'un mystérieux démiurge.  Le défi est de taille mais le héros ne manque de volonté, ni de ressources.  A ses côtés, l'auteur met en scène une galerie de personnages fascinants qui viendront bien à point l'épauler et encore lui compliquer la tâche.  Combinant monstruosité et humanité, le récit prend des allures de conte fantastique et offre au lecteur un voyage singulier.