"Si vous possédez une bibliothèque et un jardin, vous avez tout ce qu'il vous faut."
Cicéron

mardi 31 décembre 2013

Bon réveillon !






Belle fin d'année à tous, 

au plaisir de vous lire en 2014 !

lundi 30 décembre 2013

Parfum de glace de Yoko Ogawa

Le résumé de l'éditeur :

A la mort de son compagnon, Ryoko réalise qu’elle ne savait rien de lui. Le jeune homme, prénommé Hiroyuki, s’est suicidé dans son laboratoire de parfumeur, où il composait des senteurs exceptionnelles en mettant en pratique son incomparable mémoire olfactive et ses capacités scientifiques. En retournant sur les lieux du drame, Ryoko espère comprendre les raisons de cet acte désespéré, mais elle ne trouve rien si ce n’est quelques phrases énigmatiques enregistrées sur une disquette. 

Incapable de faire le deuil de cet homme étrange, Ryoko recompose lentement son passé. Et c’est à Prague, où il serait venu quinze ans plus tôt, que la mémoire et les parfums se répondent…

Avis :

Bouleversée par le suicide de son compagnon Hiroyuki, Ryoko cherche à découvrir l’homme qu’il était vraiment : sa famille, les lieux de son enfance, ses passions, … dessinent peu à peu, devant ses yeux, Rooky, un être dont elle ignorait tout.

Mathématiques, patinage artistique, voyages, odeurs, … autant d’éléments qui semblent avoir façonné Hiroyuki et qu'elle appréhende, stupéfaire.  Un séjour à Prague, visité par Hiroyuki alors adolescent, permet à Ryoko de comprendre le parcours de celui dont elle a partagé la vie.

Tourné vers le processus de deuil, Parfum de glace  nous emmène dans un récit touchant, mêlant rêve et enquête.   J’y ai retrouvé les ingrédients qui m’ont tant plu chez Yoko Ogawa : style tout en finesse, pointe d’onirisme,  texte célébrant amour et nostalgie, ... Un superbe ensemble et une jolie note pour clore le 
Challenge Ecrivains japonais d'Adalana.



Challenge Ecrivains japonais : Lecture du mois de décembre, auteur au choix : Yoko Ogawa

dimanche 29 décembre 2013

Cette lumière qui vient de la mer d'Hiromi Kawakami





La présentation de l'éditeur :

A dix-sept ans, Midori aimerait bien se réconcilier avec sa vie et son entourage, au contraire de son meilleur ami, Hanada, qui se travestit en fille pour « rompre son osmose avec le monde ». Il est vrai qu’il a été élevé dans une famille un peu atypique, par une mère journaliste en free-lance et une grand-mère adepte de la règle qu’il faut dire toute la vérité aux enfants sans rien leur cacher. C’est elle qui, un jour, lui a appris que cet homme qui venait régulièrement à la maison était son propre père. Quand vient l’été, Midori décide de rejoindre ce père irresponsable mais plein de charme sur une lointaine île de l’archipel…



Avis :


Hésitant entre deux titres d'Hiromi Kawakami pour le mois de novembre du Challenge Ecrivains japonais d'Adalana, j'ai pris les deux en prévision de décembre, libre quant au choix de l'écrivain. 

Cette fois, l'auteur s'attarde sur Hiromi un adolescent : les premières lignes le mettant en scène face aux questions de sa mère à propos de sa journée m'ont tout de suite semblé familières.  A commencer par ses réponses lacunaires... 

Alors, comment s'est passée la journée ?
Tous les jours, ou presque, ma mère me demande la même chose.
Ben, normal.
Voilà, à peu près le style de ma réponse.  Invariable.  Ben, suivi de, normal.  Toujours ces deux mots.  Les rares fois où j'ai répondu autrement, je peux les compter.  Et quand j'y suis obligé (parce que tout de même la journée en question appartenait plutôt au genre horrible ou génial), j'évite autant que possible de me trouver en face de ma mère.

Ceci dit, n'étant plus à même de m'identifier au personnage d'Hiromi, j'ai pris grand plaisir à découvrir son quotidien et à le suivre tout au long du roman.  Une famille un peu fantasque : une mère très occupée et une grand-mère très présente; des amis remarquables : Hanada par son envie de s'habiller en fille pour se détacher du monde, Mizue amoureuse et tourmentée par la passivité du jeune homme, ...  Un père biologique supposé, en peu en marge ...


A travers la vie d'Hiromi, ses doutes et ses interrogations, Cette lumière qui vient de la mer nous donne un aperçu du Japon et de ses traditions : un récit agréable et poétique.  Certains lui reprocheront peut-être sa passivité et son manque d'action mais ce calme me semble indissociable d'une certaine sérénité, simple et bienvenue.  Une très jolie confirmation qui me conforte dans mon (non) choix !


Challenge Ecrivains japonais : Lecture du mois de décembre, auteur au choix : Hiromi Kawakami

vendredi 20 décembre 2013

Cookies, hasard et petit paquet...

 Quelques photos plutôt qu'un long discours :


belle lecture et bon amusement en cuisine !



mardi 17 décembre 2013

Le formidable événement de Maurice Leblanc

Lecture en partenariat dans le cadre de l'opération Masse Critique : un grand merci à Babelio et aux Editions de l'Evolution.

La présentation de l'éditeur :

Dans les années 1920, un soulèvement géologique cataclysmique fait remonter le sol de la Manche, créant un isthme aussi soudain qu'imprévu entre la France et l'Angleterre. Mais qu'est devenue Isabel, la fiancée de Simon Dubosc, partie en mer juste avant le drame ? Isabel, dont le lord de père refuse à ce roturier de Simon la main de sa fille, sauf à accomplir en 20 jours un exploit d'envergure. Or les humeurs tectoniques ont fait apparaître une terre sans nation et sans loi, une Prairie de varech qui aurait terrifié Fenimore Cooper... 

En un tournemain, cette terre encore humide des abysses devient celle de lugubres oiseaux de proie ; dans des carcasses d'épaves suintantes se déroulent des scènes de cauchemar dont aurait pu s'inspirer Mad Max... Mais face aux passions les plus sinistres, les passions les plus nobles sont aussi à l'oeuvre...


Avis :

Profondément amoureux d’Isabel, la fille de Lord Bakefield, Simon Dubosc s’apprête demander sa main.  Repoussé avec dédain par ce noble arrogant, Simon n’hésite pas à faire valoir son courage et sa bravoure face aux origines de l’aristocrate, descendant de Guillaume le Conquérant.  Vingt jours lui suffiront pour réaliser un exploit et égaler l’aïeul de sa belle ! 

Plus facile à dire qu’à faire : déchaînée, la Nature lui offre un terrain à la hauteur de ses ambitions en transformant la Manche en paysage cataclysmique et redoutable où les plus bas instincts se révèlent…

Père du charmant Arsène Lupin, Maurice Leblanc s’attaque ici à un genre différent : la science-fiction.  Si la disparition de la Manche ne m’a pas posé de souci à envisager, j’ai beaucoup moins suivi l’auteur dans son évocation d’une humanité devenant tout à coup violente et belliqueuse.  Heureusement des sentiments comme l’amitié et la fidélité persistent.  Je dois confesser une certaine foi en l’humain et ce revirement subit de situation m’a un peu refroidie au cours de ma lecture.


J’ai néanmoins suivi avec intérêt les aventures de Simon, à la poursuite de sa bien-aimée, partie bien imprudemment sur cette terre nouvelle.  Du côté des personnages, je n'ai pas vraiment ressenti d'affinités pour les héros : Isabel n'a pas éveillé grand intérêt en moi, malgré ses ennuis.  Seule Dolorès, marginale et peu gâtée par la vie, m'a parue digne de sympathie.  Quant au volet masculin, ce récit met en scène un héros qui ne manque, certes, pas de qualités mais ne possède pas le charisme et la fantaisie du bel Arsène.  Je reconnais avoir placé la barre très haut mais rien n'empêche de rêver un peu !

C'est donc un bilan en demi-teinte que je dresse pour ce roman d'aventures, assorti d'un dossier scientifique présentant, schémas à l'appui, une enquête réalisée par Serge Simon sur le phénomène à l'origine de ce roman.



jeudi 12 décembre 2013

Que de l'oubli de Pauline Guéna




La présentation de l'éditeur :

Gabriel s'est engagé à vingt ans dans l'armée, sur un coup de tête. Par une nuit sans sommeil, il essaie de tirer le fil de sa vie, de retracer les chemins qui l'ont mené là. Il ne parvient à fermer l’œil qu'au petit matin, quelques minutes avant que l'alarme sonne, qu'il prépare son barda et se précipite dans le camion pour une opération spéciale. Le véhicule démarre, emportant les soldats. Gabriel entend nettement un clic, celui de la bombe qu'on arme. Trop tard pour crier. Son camion explose.

Avec la déflagration, la vie de Gabriel, celle de ses proches, éclatent en une constellation de personnages, de lieux, de moments. Sur le devant de la scène, les protagonistes s'avancent puis reculent au gré des chapitres, entrent et sortent selon les époques : Géraldine, la mère de Gabriel, qui a rêvé une vie trop parfaite, Alice, sa tante, qui lui a deux fois sauvé la vie, Harper, sa jeune belle-mère, qui a fait de sa personne une machine de guerre, Alex, qui n'écrira jamais le livre qu'il porte en lui.

Avec une grande maîtrise formelle, Pauline Guéna dessine un réseau de destinées individuelles. À travers cette galerie d'individus reliés les uns aux autres, proches un jour, séparés le lendemain par la vie, les kilomètres ou l'oubli, elle nous dit comme le temps passe et comme il délite inéluctablement nos désirs et nos rêves.


Avis 


Le récit s’ouvre sur Gabriel : engagé en Afghanistan, c’est lui qui amorce la galerie de personnages mis en scène par Pauline Guéna.  C’est autour de lui que les personnages qui suivent graviteront.  Pilier central de cette histoire, il évoque le destin qui l’a mené à cet instant précis, ce moment où tout est prêt à basculer.  Ses pensées lèvent timidement le voile sur les vies qui viendront ensuite. 

Sept personnages sont ainsi, tour à tour, mis sous les feux des projecteurs.  A la suite de Gabriel, Emma prend le relais : stagiaire dans le cinéma, elle s’apprête à quitter la France pour un stage aux Etats-Unis, un tournant dans sa vie.  Viennent également Mark et Géraldine, les parents de Gabriel : l’auteur nous les présente dans des chapitres distincts, à des époques différentes.  Mais pour l’un et l’autre à des moments charnières de leur existence.  Toujours dans la famille proche de Gabriel, Alice, sa tante : un de ses repères, son lien avec le pays.  Harper prend la suite, calculatrice, ambitieuse, très secrète : une vie faite de calculs et de plans savamment pesés, sans aucun hasard.  Alex, un ami de famille, professeur attaché à ses rêves de toujours et à ses amitiés. D’autres, encore, apparaissent en coulisses : réalistes, attachants, profondément humains.  Il s’en faut de peu que certains ne volent la vedette aux premiers rôles…

Ce sont donc sept existences distinctes que nous livre Pauline Guéna : au premier abord, on pourrait penser qu’il s’agit de sept inconnus, sept destins sans aucun rapport.  Pourtant au fur et à mesure des pages qui se tournent, les connexions apparaissent, subtilement, discrètement.  A l’image des fameux « six degrés de séparation ». 

Ces personnages ne forment pas une histoire commune mais proposent de suivre sept lignes de vie liées, à des moments bien déterminés.  Le récit est habilement construit : les ponts apparaissent peu à peu, le lecteur imagine des scénarios et s’interroge à propos des personnalités mises en scène.  Avec brio, Pauline Guéna passe d’un personnage à l’autre, changeant aisément d’âge, de sexe, d’époque : les personnages se suivent et ne se ressemblent pas.    A nouveau personnage, nouveau style !  C’est à chaque fois un univers, une logique, des émotions différents qui s’installent à l’amorce d’un chapitre.  Malgré le risque de se perdre en présentant ces « mini-récits », l’ensemble est très réussi : l’histoire est homogène, le passage de l’un à l’autre se fait sans difficulté, malgré les sauts dans le temps et l’espace.  Le lecteur, intrigué, cherche à établir des connexions, se prend au jeu, aspire à retrouver les protagonistes.

Tout en restant profondément ancré dans la réalité, le style est travaillé, chaque mot est précisément choisi.  Avec le même soin, l’auteur creuse chacune des vies abordées, chacun des sujets traités : amour, handicap, maternité, …   Cette recherche apporte profondeur et réalisme au récit, émotions et sensibilité aux personnages.  Ainsi, outre le thème récurrent des moments charnières, les protagonistes, premiers ou seconds rôles, ont en commun d’éveiller un écho auprès du lecteur : à tout instant,  de petites étincelles se font en découvrant telle facette d’un personnage et le lecteur pense immédiatement à l’une de ses connaissances.  Voire se reconnaît dans le récit…  Une fois n’est pas coutume, je me suis surprise à noter l’un ou l’autre passage, particulièrement parlant pour moi. 

Dans la cuisine, Géraldine préparait le dîner en le détestant de ne pas l’aider, en détestant Alice de ne pas l’aider,  en se gardant bien de demander quoi que ce soit de peur de n’avoir plus personne à détester.


Réalisme, personnalités attachantes, espoirs et souvenirs…  autant de points forts qui font le charme de ce roman et lui permettent de rester vivant dans l’esprit du lecteur, la dernière page tournée. 



 

Lu dans le cadre des Chroniques de la rentrée littéraire : un grand merci à Abeline et aux éditions Robert Laffont !


dimanche 1 décembre 2013

Une recette de cookies pour Noël ?





Lectrice compulsive, vous le savez déjà, enthousiasmée par l'esprit de Noël qui fleurit un peu partout autour de nous, j'ai profité il y a quelques jours d'une commande scolaire chez Bookdepository pour m'offrir The Christmas Cookie Club.  Une lecture parfaite à ce moment de l'année !

Cherchant tout à l'heure une lecture à entamer, je me suis aperçue, avec surprise ^^, que j'avais déjà craqué pour ce titre...


Adepte des lectures en V.O. ?  Fan de cookies ?  Ce nouvel exemplaire, enrichi de recettes de cookies, est pour vous !  Un commentaire pour signaler votre participation, avant le 13 décembre minuit.  Le tirage au sort suivra et le roman sera expédié bien à temps pour réaliser quelques fournées avant Noël !