"Si vous possédez une bibliothèque et un jardin, vous avez tout ce qu'il vous faut."
Cicéron

samedi 27 juillet 2013

On ferme !



Ma PAL de voyage n'est même pas encore prête... 
Je file préparer les bagages ^^
 
A bientôt !

Les lisières d'Olivier Adam

Lecture en partenariat : Un grand merci aux éditions J'ai lu pour cette excellente confirmation !

La présentation de l'éditeur :
 
Entre son ex-femme dont il est toujours amoureux, ses enfants qui lui manquent, son frère qui le somme de partir s'occuper de ses parents "pour une fois", son père ouvrier qui s'apprête à voter FN et le tsunami qui ravage un Japon où il a vécu les meilleurs moments de sa vie, tout semble pousser Paul Steiner aux lisières de sa propre existence. De retour dans la banlieue de son enfance, il va se confronter au monde qui l'a fondé et qu'il a fui.
En quelques semaines et autant de rencontres, c'est à un véritable état des lieux personnel, social et culturel qu'il se livre, porté par l'espoir de trouver, enfin, sa place.
 
Avis :


Ecrivain de renom, Paul Steiner a tout pour être heureux : un mariage heureux, de beaux enfants, une belle carrière, un cadre de vie magnifique…  Pourtant, il ne peut lutter contre la maladie qui, de loin en loin, le rattrape et le laisse comme étranger à sa vie.  C’est ce qui a finalement poussé son épouse à le quitter et le voilà chassé de sa maison, privé de ses enfants.  Les journées sont vides, les week-ends avec les enfants  bien trop courts.  La séparation reste difficile…

Lorsque son frère lui demande d’épauler ses parents pour quelques semaines, Paul renâcle à rejoindre le lieu de son enfance.  Rien ne le retient pourtant en Bretagne et Paul se prépare à ces jours pénibles, entre une mère hospitalisée, désorientée et un père à qui tout l’oppose.

Dans la banlieue qui l’a vu grandir, Paul retrouve d’anciens copains, se remémore son enfance, se rappelle qu’il est depuis toujours un peu étranger à sa propre existence.  Pendant ce temps, à l’autre bout du globe, le Japon, son pays de cœur, souffre, terrassé par un tsunami.

Au terme de cette lecture, mon expérience des livres d’Olivier Adam s’est confirmée.  J’ai terminé cette fois encore, ma lecture sur une note très positive malgré le sujet profondément sombre de l’ouvrage.  J’aime ce style particulier, dépouillé mais poétique.  J’ai pris grand’ plaisir à suivre Paul, ce personnage tourmenté, perdu entre le passé familial, sa famille écartelée, son envie de trouver des justifications.  Une quête identitaire passionnante, tout en émotions et en sensibilité.  Un ouvrage que je vous invite à découvrir à votre tour.

jeudi 25 juillet 2013

C'est dans la boîte de Frédéric Ernotte


Le résumé de l'éditeur :

Jeff… Jeff Marnier. C’est mon nom. Je suis inspecteur. Plutôt bien coté, voire admiré par certains. Pourtant, comme tout le monde, j’ai mes problèmes. Je bosse jour et nuit. La vérité ? Je n’ai jamais beaucoup dormi. Je suis accro à la vodka, à la solitude, et depuis peu… à un site Internet. « La boîte noire ». C’est un endroit sombre. Un repère de flics. Un cloaque virtuel où je me sens chez moi. Tellement chez moi que j’oublie régulièrement de me coucher. Pourtant, cette nuit-là, j’avais enfin trouvé le sommeil. C’est toujours mauvais signe quand mon téléphone portable sonne en pleine nuit. Un tueur de flics court dans la région. Catherine est morte. Ça m’enterre encore un peu plus. Je dois me mettre au vert quelques jours. La ronde des boîtes tombe à point nommé. Un huis clos secret entre inspecteurs. Une réunion entre des inconnus en mal de découvertes. Une nuit durant laquelle soulever le couvercle d’une boîte peut vous laisser des traces indélébiles.

Avis :


Pour l’inspecteur Jeff Marnier, la vie n’est pas un long fleuve tranquille : une enquête difficile, un tueur en série au modus operandi particulièrement cruel, un tueur de flics qui sévit dans la région, … Quant à sa vie amoureuse, ce n’est pas un succès non plus… autant de raisons de broyer du noir et de se réfugier dans la boisson ! 

Des bribes de conversation lui font découvrir « la boîte noire », un forum de flics où il peut oublier ses états d’âme.  Lorsqu’une rencontre est organisée entre membres du forum, Jeff postule immédiatement pour cette « ronde des boîtes ». Le clou de la soirée : la boîte préparée par chacun des protagonistes, présentant à travers cinq indices une enquête passée, les autres participants tentant d’en deviner le cadre.  Des inconnus, un changement de décor, des énigmes à résoudre, …  Le programme est tentant et cette réunion sera la bienvenue pour changer un peu d’air.

Une ferme isolée, la campagne le soir, un temps à la belge, …  Tous les ingrédients sont réunis pour donner un peu plus de piment à cette soirée qui s’annonce déjà comme corsée !

Entamé avec les pensées de Jeff Marnier et son quotidien, le récit prend vite des allures de huis clos lors de la « ronde des boîtes » : les boîtes s’ouvrent et les enquêtes passées se succèdent.  Au fil des intervenants, les styles varient, les personnages s’affirment.  De quoi appâter un peu plus un lecteur déjà bien ferré !

Tout au long du récit, le malaise s’épaissit jusqu’au dénouement final et à l’épilogue, tout en noirceur et en cynisme.  Frédéric Ernotte s’y entend assurément pour installer une atmosphère pesante et captiver son public ; à souligner également, son inventivité, mise à l’épreuve à l’ouverture de chaque boîte.  En conclusion : une belle réussite pour un premier roman et un nom à retenir !



mardi 23 juillet 2013

La Fille automate de Paolo Bacigalupi



Lecture en partenariat :  Un grand merci aux éditions J'ai lu pour cette excellente découverte !

La présentation de l'éditeur :

Dans un futur proche où le tarissement des énergies fossiles a radicalement modifié la géopolitique mondiale, la maîtrise de la bio-ingénierie est devenue le nerf d'une guerre industrielle sans merci. Andersen Lake travaille à Bangkok pour le compte d'un géant américain de l'agroalimentaire. Il arpente les marchés à la recherche de souches locales au cœur de bien des enjeux. Son chemin croise celui d'Emiko, la fille automate, une créature étrange et belle, créée de toutes pièces pour satisfaire les caprices décadents des puissants qui la possèdent, mais désormais sans plus d'attaches.
 
Avis :
 
Pas vraiment habituée à lire des ouvrages de science fiction, je n’ai pourtant pas hésité longtemps devant la présentation de ce titre que m’a faite Silvana des éditions J’ai lu.  Un choix que je n’ai pas regretté un instant.
Sous la plume efficace de Paolo Bacigalupi, j’ai découvert un monde à la fois profondément différent du nôtre et finalement pas si éloigné.  Peut-être faut-il y voir une version de notre avenir…  Face à la disparition des énergies fossiles, à des manipulations génétiques hasardeuses, les épidémies  ont ravagé la population et changé la face du monde.  La planète est maintenant gouvernée par de puissantes multinationales qui veillent scrupuleusement sur  la nourriture qu’elles produisent.  Le monde est fait de luttes d’influence, d’espionnage, de pots de vin…
A Bangkok, le pays est dirigé par la Reine Enfant, assistée d’un conseiller ; le pays intéresse au plus haut point les investisseurs étrangers car il dispose d’une banque de semences, un véritable trésor en ces temps tourmentés.  C’est dire si le pays est convoité : à l’intérieur même de ses frontières, des querelles intestines font rage et malmènent un peu plus la population.  Trois intervenants de poids se disputent âprement le pouvoir : le Ministère de l’Environnement et ses chemises blanches,  le Commerce et enfin les sociétés étrangères…  Pour la population, écrasée entre le marteau et l’enclume, le quotidien est difficile, fait de débrouille, de faim et de misère.
Dans ce décor dantesque, quelques personnages hors du commun tentent de mener leur barque du mieux possible.  Emiko, une nouvelle personne, une automate abandonnée par son propriétaire : sa vie est un enfer, sa vie est en sursis dans cette société et elle semble si humaine, dans ses réactions, ses interrogations. Jaidee est le capitaine des chemises blanches, un homme intraitable ; il est aimé du peuple mais se fait beaucoup d’ennemi par sa droiture.  Kanya, son adjointe, ne sourit jamais et se veut à la hauteur de son mentor.  Anderson, le gaijin, tente de positionner au mieux les intérêts qu’il représente, sa rencontre avec Emiko procure à la jeune femme l’espoir d’une nouvelle vie.  Hock Seng est son assistant : ancien homme d’affaires, il cherche à se renflouer et n’hésite pas à nouer de dangereuses alliances.
La première partie du roman installe l’histoire, fait découvrir au lecteur cet univers aux allures d’apocalypse : la société thaïlandaise et les différentes « castes » qui la composent, les forces en présence, le quotidien adapté…  Ainsi, plus de voitures, sauf pour de très rares privilégiés, mais des vélos ou des rickshaws, des nourritures inconnues au nom barbare, des animaux créés de toutes pièces comme ces Cheshire : conçus comme cadeau d’anniversaire, ils se sont multipliés et hantent les rues.
Au lecteur également de se plier au vocabulaire employé par l’auteur qui mêle volontiers au récit des termes thaïs, les utilisant de la même manière : le terme waï désignant le salut est par exemple utilisé comme un verbe classique et utilisé fréquemment.  Cela peut dérouter au début mais on s’y fait vite.  D’autant que cet ouvrage mérite amplement ce petit effort de concentration !
Passé ce début un peu laborieux (et le terme est fort), le lecteur est emporté par cette histoire passionnante, soucieux de découvrir ce qu’il adviendra de ce monde que l’on devine en pleine mutation et des protagonistes pour lesquels on éprouve de la sympathie.  Pour ma part, Emiko et son envie de liberté, Kanya, victime de son sens de la justice et son sérieux.  J’ai pris grand plaisir à suivre leurs aventures, à les voir évoluer dans cet univers terrible, en manque de valeurs.  L’auteur signe ici une lecture coup de poing, en entraînant son lecteur dans un futur d’épouvante et en l’incitant sans aucun doute à la réflexion.
 


vendredi 19 juillet 2013

Les reflets d'argent de Susan Fletcher


Lecture en partenariat : un grand merci aux éditions Plon pour cet agréable moment passé sur l'île de Parla !


La présentation de l'éditeur :
 
Une légende raconte qu’il y a très longtemps un homme, pleurant son amour perdu, entendit sur une plage de l’île de Parla, une voix portée par le vent, ce mot soufflé par la mer : Espère. Il se tourna alors vers le large et vit une silhouette flotter dans la mer déchaînée. Puis disparaître sous l’eau. Le corps, celui d’un homme, se terminait par une queue de poisson.

Ce jour-là, sur cette même rive, le jeune Sam Lovegrove découvre le corps d’un inconnu, il s’approche terrorisé, croyant faire face à un cadavre. Puis recule en criant, car l’homme n’est pas mort. Sur l’île, cette apparition bouleverse chacun, tout comme les cheveux noirs et la barbe de cet inconnu, qui réveillent les souvenirs d’un disparu.

Tout à coup, les légendes semblent réelles, les hommes semblent réécrire l’histoire de l’île, ramasser ses mythes sur le rivage, leurs espoirs bouillonnant dans les flots comme autant de reflets d’argent sous le vent.
 
Avis :


Sur l’île de Parla, la mer est partout : dans la nature bien sûr mais dans la vie des hommes également.  C’est elle qui rythme leurs joies, leurs peines, leurs amours, leurs peurs…  Elle les dicte parfois !  Il en a été ainsi à la disparition de Tom, perdu en mer.  Quatre années ont passé et chacun, dans l’île, s’en ressent toujours, espère encore.

Aussi, lorsque Sam découvre un homme échoué sur la plage, c’est l’île entière qui retient son souffle et se rappelle des anciennes légendes : celles dont se régale Abigaïl, depuis toujours et dont elle garde trace dans un livre connu de tous. De tous temps, les mythes ont bercé les jours sur Parla, permettant d’oublier un quotidien trop cruel, de rêver à l’impossible.  C’est dire si chacun veut voir dans cet inconnu, amnésique, l’homme-poisson : celui qui, de loin en loin, apporte, le temps d’une lune, de l’espoir aux insulaires.  Un mois, c’est bien peu ; pourtant, tant de choses peuvent se produire en si peu de temps…

Me voici à nouveau conquise par un texte signé Susan Fletcher que je qualifierais volontiers de superbe : elle y mêle légendes, histoires de famille, d’amour, elle nous offre une lecture tout en sensations, en poésie, dans un cadre rugueux et magnifique.

La nature vient, cette fois encore, comme dans Un bûcher sous la neige et La fille de l'Irlandais, s’ajouter à la liste des personnages et nous invite à nous laisser bercer par cette histoire un peu magique.  Un mélange de douceur et de force imprègne le récit et lui donne cette petite touche personnelle faite de vent frais et d’espaces sauvages.  Au lecteur d’y découvrir de petits trésors comme il le ferait, à marée basse, sur la plage en ramassant coquillages et bois flottés.  Il pourrait même s'extasier de la beauté de quelques bottes dépareillées…
 
 


mardi 16 juillet 2013

Une carte pour l'enfer de Miyuki Miyabe





Présentation de l'éditeur :

L'inspecteur Honma remonte la piste d'une belle disparue prise au piège d'un Japon où tout se vend et s'achète, même les rêves. Quand une carte de crédit devient un ticket pour l'enfer, la seule issue est-elle de prendre la peau d'une autre ?


Avis :

Veuf depuis quelques années, l'inspecteur Honma vit seul avec son petit garçon Satoru.  Il est secondé dans l'éducation de son fils et les tâches ménagères par un couple d'aimables voisins.  Blessé à la jambe, il est actuellement en convalescence et suit une rééducation pénible. 
 
 
Contacté par un lointain cousin, il se voit confier une affaire de disparition troublante : Kazuya est un jeune banquier, prêt à se marier avec la jolie Shoko.  Pour lui faciliter la vie, il a voulu lui établir une carte de crédit mais s'est rendu compte qu'elle figurait sur la liste noire des établissements de crédit.  Lorsqu'il a voulu en parler avec Shoko, la jeune femme a demandé un peu de temps afin de lui expliquer la situation.  Le lendemain, elle a disparu.  Perplexe, le jeune fiancé souhaite retrouver sa promise.  Commence alors pour l'inspecteur Honma une enquête compliquée, liée au surendettement au Japon.
 
 
Voici un roman policier qui m'a beaucoup plu : l'affaire est complexe, le cheminement est tortueux et l'inspecteur Honma a fort à faire pour retrouver la disparue.  L'enquête n'amène pas de véritable surprise mais elle est agréable à suivre et son intérêt réside, selon moi, en dehors de cet aspect purement policier.  Ainsi, ce roman nous permet de découvrir des faces méconnues du Japon : si le surendettement est un fléau ici également, j'en ai découvert des facettes plutôt inattendues, comme l'intervention de la mafia, les familles menacées, la procédure de faillite personnelle, ...  Un constat qui fait froid dans le dos !
 
 









Challenge Ecrivains japonais : Lecture du mois de juillet, Miyabe Miyuki

vendredi 12 juillet 2013

Le journal de Mr Darcy d'Amanda Grange


Présentation de l'éditeur :

« La seule chose qui me hante alors que j’écris est le regard que je surpris de la part de Miss Elizabeth Bennet lorsque je fis remarquer qu’elle n’était pas assez belle pour me donner envie de danser. Si je ne savais pas que c’est impossible, je dirais qu’il était ironique. »

À travers la rédaction de son journal, Darcy nous dévoile le tréfonds de son âme. Déchiré entre les devoirs de l’honneur dus à son rang et ses sentiments naissants pour la charmante Elizabeth Bennet, il s’interdit de tomber amoureux.
 
Avis :
 
A travers Le journal de Mr Darcy, Amanda Grange nous propose une relecture originale d'Orgueil et préjugés selon le point de vie de Mr Darcy.
Séduite par l'idée, je dois pourtant avouer, au risque de déplaire à certains, que j'ai vite déchanté : dans ces pages, Mr Darcy m'est rapidement apparu comme antipathique et j'ai pris pleinement le sens du titre de l'œuvre de Jane Austen...
 
Au fil de l'histoire, notre héros s'est, bien sûr, comme tout le monde le sait, amendé mais je suis restée sur cette impression de départ et je n'ai pas vraiment apprécié ma lecture. Au crédit de l’auteure, je dois néanmoins citer sa fidélité au cadre initial : décors et personnages sont assez fidèles à la version première.  Ce n'est pas tant le style qui m'a déplu, même s'il n'égale pas la finesse originale de l'ouvrage de Jane Austen, que certains détails qui m'ont semblé totalement déplacés, manquant de réalité.
Dans l’ensemble, donc, un rendez-vous manqué qui a quelque peu écorné la vision romanesque que j’avais de Mr Darcy…

jeudi 11 juillet 2013

D'acier de Silvia Avallone

La présentation de l'éditeur :
 
A Piombino, triste cité industrielle de Toscane, l'île d'Elbe miroite au loin comme un paradis inaccessible. Sur cette terre où usines et barres de béton ont poussé brutalement, les garçons se rêvent en chefs de bande et les filles en starlettes de la télévision. Anna et Francesca, bientôt quatorze ans, sont les reines de ce royaume cabossé. Ensemble, elles jouent de leur éclatante beauté, brûlent de s'enfuir et parient sur une amitié inconditionnelle pour s'emparer de l'avenir.
 
Avis :
 
 
Anna et Francesca, bientôt quatorze ans, sont inséparables : toujours collées l’une à l’autre, elles rayonnent et font des envieux.  C’est leur amitié qui leur permet d’oublier la tristesse du décor, la médiocrité de leur quotidien.  Le père de Francesca est violent, tyrannique, il est perdu face aux transformations de sa fille qui devient femme.  Celui d’Anna est un escroc, il ne vit que d’argent facile et de trafics louches, abandonnant sans scrupules sa famille. 
Chacune d’elles rêve depuis toujours à une porte de sortie : les études pour Anna, une carrière télévisée pour Francesca.  Pas question de suivre le modèle familial et d’être cantonnée à la cuisine ou au soin des enfants comme leur mère !
En toile de fond, massive, implacable, l’aciérie : celle qui assure la subsistance de la majorité des familles des environs mais qui, en contrepartie, brise les hommes sournoisement. Le frère d’Anna, Alessio, y travaille.  Le reste du temps, il cherche à s’étourdir facilement : les filles, la drogue, les plans faciles lui permettent de s’évader.
D'acier est indiscutablement un roman coup de poing : Silvia Avallone y trace le portrait d’une ville italienne et de sa pauvreté, dans tous les sens du terme.  Le constat social qu’elle dresse est marquant et ne peut laisser indifférent.  L’ambiance de Piombino est pesante, poisseuse : l’horizon semble fermé pour les familles évoquées.  Le malaise est palpable : tout au long de ma lecture, j’avais l’impression qu’un événement terrible était en passe de se produire. 
 
A ce volet social, Silvia Avallone greffe une belle histoire d’amitié.  A travers Anna et Francesca, elle nous campe deux superbes personnages d’adolescentes, un peu perdues, en plein devenir. 
 
Globalement, un texte qui marque et que je recommande aux lecteurs qui ne craignent pas d’être un peu chahutés… Un grand merci aux éditions J'ai lu pour cette excellente découverte !


mercredi 10 juillet 2013

Katana, tome 1 : Vent rouge de Jean-Luc Bizien

Lecture en partenariat : un grand merci à Livraddict et aux éditions Le pré aux clercs !
 
Le résumé de l'éditeur :
 
Le roi-dragon exerce sa tyrannie sur le Japon. Un jour, Ichirô apprend que le souverain a tué ses parents. Assoiffé de vengeance, le jeune samouraï errant décide de défier le Shogun sorcier. Hatanaka, son père adoptif et samouraï d'élite, va le préparer à l'impossible. Ichirô part pour une longue quête, au cours de laquelle il sera rejoint par des compagnons de route, voleur, paysan ou ninja. Il devra les accepter dans leurs différences, réunir leurs forces et leurs caractères... et se découvrir à son tour.
 
Avis :


Elevé par un maître, Hatanaka, dans le  respect des traditions ancestrales et des techniques de combats les plus redoutables, Ichirô est orphelin, il attend de pouvoir battre son professeur  au sabre et de découvrir ainsi la vérité sur la mort de ses parents.  Lorsque ce moment survient enfin, Ichiro découvre que c’est le roi-dragon lui-même qui a décimé sa famille et décide d’agir sur le champ.  Accompagné d’Hatanaka qui tente de modérer son élève et de leur serviteur Bûta, il se met en route, prêt à venger son honneur.  Un voyage qui va les amener à faire de curieuses rencontres et à consister une véritable petite troupe.

Dans la quête d’Ichirô, l’auteur nous entraîne dans le Japon du Moyen-Age, gouverné par quelques seigneurs, fidèlement assistés de leurs samouraïs : les décors et coutumes sont reconstitués scrupuleusement, les termes liés aux samouraïs sont employés dans leur version d’origine et explicités en bas de page, les combats sont minutieusement décrits.  Tout est fait pour immerger de suite le lecteur et l’emmener à la suite des protagonistes, prêt lui-aussi à en découdre ave ce tout puissant seigneur.  Une touche de fantastique vient d’ailleurs rehausser ce qui pourrait n’être qu’une simple histoire de vengeance et de devoir filial.

Motivé par son envie de représailles, Ichirô est courageux et obstiné : rien ne peut le détourner de la mission qu’il s’est fixée.  A ses côtés, Hatanaka représente la sagesse, l’expérience.  Il tente de modérer son élève, de lui assurer toutes les chances de réussir.  Son passé semble encore à découvrir. 

Au fil du récit, la petite troupe s’étoffe et d’autres caractères apparaissent : Bûta, un paysan tout en couardise et en fidélité, Onô, un samouraï implacable et dédaigneux, Aikô, le ninja bien intrigant, Jotarô, un voleur de grand chemin.  Des personnages intéressants, fort dissemblables mais qui se regroupent tous autour d’Ichirô et lui assurent leur soutien.  Leur rencontre est riche et amène des situations délicates à gérer parfois.

La fin lie encore davantage ses personnages mais je ne sais trop qu’en penser…  Attendue par certains côtés, inédite par d’autres, elle m’a déstabilisée et j’hésite à me prononcer, tant la ficelle semble grosse.   J’attendrai donc le tome suivant pour me forger une idée définitive ; d’ici là, je reste sur mon impression d’une lecture prenante et dépaysante.  Un grand merci à Livraddict et aux éditions Le pré aux clercs pour ce voyage mouvementé mais agréable dans le Japon féodal.
Logo Livraddict

lundi 8 juillet 2013

Une fibre meurtrière de Kylie Fitzpatrick

La présentation de l'éditeur :

Dublin, 1840 : Rhia Mahoney assiste, impuissante, à l’incendie qui ravage la manufacture de lin de son père. Sa famille est ruinée. L’avenir qu’elle s’imaginait, plein de motifs chamarrés et de couleurs éclatantes, est réduit en cendres. Elle est contrainte de partir à Londres, chez son oncle, pour y chercher un emploi.

Mais peu de temps après son arrivée, son oncle est retrouvé mort dans des circonstances étranges qui laissent penser à un suicide. Rhia ne peut ni ne veut croire que son oncle ait pu mettre fin à ses jours. En outre, cette mort suspecte vient s’ajouter au décès inexpliqué d’un collègue de son père, survenu en mer entre Calcutta et la Grande- Bretagne. N’en faisant comme toujours qu’à sa tête, elle décide de mener l’enquête, sans soupçonner que la vérité se trouve de l’autre côté du globe.


Avis :


Jeune femme déterminée et intrépide, Rhia Mahoney fait le désespoir de son père qui craint de ne jamais pouvoir lui trouver un mari : à Dublin, au début du XIXe siècle, les affaires ne sont pas bonnes pour le lin irlandais et une union avantageuse permettrait de redresser les finances de l’entreprise familiale.  Entre le père et la fille, les relations sont plus que tendues car Rhia refuse de museler son fougueux caractère.  Un événement malheureux vient tout à coup bouleverser cet équilibre précaire lorsque l’entrepôt familial est détruit par un incendie : gravement blessé dans le sinistre, le père de Rhia doit s’en remettre à son épouse et sa fille.

Contrainte de trouver une situation, Rhia s’embarque pour Londres dans l’espoir d’y décrocher un emploi, grâce aux relations de son oncle Ryan.  Hébergée par Antonia, une veuve quaker, la jeune fille découvre la grande ville, semblable selon elle à du dévoré, les images photogéniques, …  Ses dons pour le dessin pourraient bien lui ouvrir les portes d’une prospère entreprise textile mais le décès inopiné de son oncle contraint Rhia à remettre en cause ses projets et à enquêter sur ce qui lui apparaît comme un meurtre.  Au fil de ses découvertes, les échanges commerciaux entre l’Inde et la grande Bretagne adoptent une mystérieuse allure…

Kylie Fitzpatrick met au centre de son roman, une audacieuse jeune femme, au nom de déesse : un patronage qui semble guider sa destinée, décrite par les légendes que lui rapportait sa grand-mère.  Il n’était pas si facile d’être une femme au XIXe siècle et d’y revendiquer un soupçon d’indépendance !  Ne manquant ni de courage, ni d’esprit, Rhia fait fi des conventions et se lance à la recherche du meurtrier de son oncle : peu lui importe de passer pour une sorcière ou une aventurière, seule comptent la justice et la vérité !

Au fil des aventures de Rhia Mahoney, l’auteur réussit à combiner intrigue policière et roman historique dans un récit captivant : le suspense et l’aventure se mêlent avec bonheur, dans l’Empire britannique de la reine Victoria.   En n’oubliant pas une petite touche amoureuse…  Un joli mélange de genres à conseiller aux amateurs de romans policiers !

mercredi 3 juillet 2013

Le tour de France en 100 histoires extraordinaires de Christian-Louis Eclimont


Lecture en partenariat dans le cadre de l'opération Masse Critique : un grand merci à Babelio et aux éditions First. 

A l’approche de la centième édition du Tour de France, bon nombre d’auteurs ont souhaité marquer le coup. Bd, beaux livres, petits formats,… le choix est grand.  Parmi la trentaine d’ouvrages sortis pour l’occasion, j’ai eu, grâce à Babelio, la chance de découvrir deux. 

Présentation de l'éditeur :
Au départ, une idée du journal L'Auto destinée à accroître le nombre de ses lecteurs et à donner à la France le goût de l'effort. À l'arrivée, l'une des épreuves sportives les plus importantes du monde ! Entre 1903, date de sa naissance, et aujourd'hui, 110 ans d'exploits.
Revivez 100 temps forts de l'épreuve reine du cyclisme au travers des destins, des duels et des sacrifices de celles et ceux qui sont indissociables de la légende de La Grande Boucle.
Avis :





Avec Le tour de France en 100 histoires extraordinaires, Christian-Louis Eclimont revient sur cent moments forts du Tour, il nous replonge dans l’ambiance incomparable des bords de route à l’approche du passage de cet homérique convoi ou des après-midi passées captifs, devant la télévision, entre sport et tourisme.  De douleurs en exploits, il nous emmène à la suite de ces sportifs exceptionnels, ceux dont le nom fut adulé et est encore synonyme de légende.  Egalement ceux qui sont pour toujours associés au dopage…

Chronologiquement, à travers quatre cents pages passionnantes, il évoque cet événement sportif hors du commun dans cet ouvrage abondamment documenté.  Sans mettre pour autant les seuls vainqueurs en lumière, l’auteur fait revivre les bons et les mauvais jours associés au cyclisme, dans un style dynamique et vivant.  Il permet à chacun de se remémorer (ou de découvrir) les débuts parfois difficiles, voire chaotiques de la Grande boucle, l’Histoire qui lui a occasionnellement mis des bâtons dans les roues, les grandes figures, sportives ou non, indissociables du Tour, …

Autant d’événement qui ont fait l’histoire du Tour et continuent d’entretenir la légende.  Populaire, profondément fédérateur, le Tour enthousiasme les foules : de la même manière, le livre de Christian-Louis Eclimont permet d’en retrouver la magie, d’entendre à nouveau la sirène de la caravane publicitaire, de revoir furtivement passer le peloton, …  Un ouvrage à ne pas réserver aux amateurs du Tour !


Les 100 histoires du Tour de France de Mustapha Kessous et Clément Lacombe

Lecture en partenariat dans le cadre de l'opération Masse Critique : un grand merci à Babelio et aux Presses Universitaires de France. 

A l’approche de la centième édition du Tour de France, bon nombre d’auteurs ont souhaité marquer le coup. Bd, beaux livres, petits formats,… le choix est grand.  Parmi la trentaine d’ouvrages sortis pour l’occasion, j’ai eu, grâce à Babelio la chance de découvrir deux. 

La présentation de l'éditeur :

Le Tour de France est l'’un des trois plus grands spectacles sportifs au monde. Depuis sa naissance en 1903, l’'épopée de la Grande boucle suscite la ferveur populaire, bien au-delà du bord des routes qu’'elle emprunte et des frontières de l’'hexagone.

Étapes de légendes, cols mythiques, héros du bitume, aventures du peloton, exploration de la caravane, cet ouvrage propose, dans la roue des coureurs, la myriade d'’histoires grandes ou petites qui ont fait celle du Tour. Au travers de ces 100 récits, drôles ou tragiques, qui mêlent destins individuels, vie quotidienne, enjeux sportifs, économiques, géopolitiques mais aussi progrès techniques ou dopage, c’''est également une part de notre histoire collective qui se fait jour.

Avis :





Au diapason de la "Grande boucle" qui fête cette année son centième anniversaire, Mustapha Kessous et Clément Lacombe nous proposent d’en suivre cent anecdotes : une manière détournée de lire l’Histoire et de découvrir des facettes moins connues de cet événement incontournable de nos mois de juillet. 


De celui dont son fondateur annonçait la fin dès sa deuxième édition au centième numéro que nous pouvons suivre actuellement, en passant par les années malmenées par le dopage ou la guerre : autant de repères qui sont abordés dans ce petit livre.  Un ouvrage de taille réduite, certes, mais très riche, n’hésitant pas à quitter un moment les sportifs pour aborder le volet économique ou technologique par exemple. 
 

Bénéficiant de la caution de la renommée collection « Que sais-je ? », il se révèle didactique tout en restant passionnant, retraçant le fil des bons ou des mauvais jours, rythmé de noms gravés dans notre mémoire collective.  Un livre qui devrait plaire à tous, passionnés de cyclisme, amateurs de beaux paysages ou simple curieux! 

mardi 2 juillet 2013

Tout le monde n'a pas le destin de Kate Middleton de Fred Ballard

Quatrième de couverture :

Rédactrice débordée pour la télé et mère célibataire de trois ados, Capucine Guillon, irrésistiblement attirée par tout ce qu’il faut éviter, se met souvent dans des situations périlleuses qu’elle assume avec beaucoup d’humour et une pointe d’inconscience.

Avis :


Avec ce roman au titre bien tentant, Fred Ballard nous invite à suivre une année dans la vie de Capucine Guillon : entamée, dans la boue, l’estomac vide, par un réveillon pourri, cette année s’annonce mal…  Capucine préfère penser que la situation ne peut que s’arranger.  A tort… 

Un boulot médiocre dont elle a cruellement besoin, des plans impossibles pour emmener ses enfants au ski, une blessure qui l’immobilise quelques temps, une ado rebelle recueillie à contrecœur, une diseuse de bonne aventure dans le yaourt, …  Voici quelques-unes des péripéties qui vont émailler l’existence de Capucine au cours de cette année ; quant à savoir si la prochaine sera meilleure, la question reste ouverte… Le roman se terminant fin décembre.

Présenté en séquences mensuelles, ce récit est sympathique et souvent amusant : cherchant à joindre les deux bouts et à assurer dans toutes les situations, Capucine nous entraîne dans des situations pour le moins rocambolesques, à l’image des efforts qu’elle déploie pour conserver son nom. 

Sans prétention, voici un roman distrayant, léger, bien agréable ; une lecture qui cadre bien avec l’époque des vacances, que je vous souhaite moins agitées que celles de Capucine.  Même si l’épisode de la mouette m’a beaucoup fait rire…  Un grand merci aux éditions J'ai lu  pour ce bon moment de divertissement !