"Si vous possédez une bibliothèque et un jardin, vous avez tout ce qu'il vous faut."
Cicéron

vendredi 31 mai 2013

1969 de Ryû Murakami


Présentation de l’éditeur :

L’auteur raconte, sous une forme romancée, ses souvenirs de lycéen provincial au Japon en cette belle année 1969, quand la jeunesse lisait Rimbaud en écoutant Iron Butterfly, en rêvant de révolution et de filles. Sous la forme d’un bréviaire ironique de la culture pop des années soixante, Murakami décrit les péripéties d’une adolescence mouvementée allant toujours à l’essentiel : le désir, la révolte, l’amour. " Je n’ai pas renoncé au rêve d’une fête qui n’aurait pas de fin."
Avis :
 
Dans ce roman désinvolte, Ryû Murakami nous rappelle, à travers les personnages de Ken Yasaki et de ses amis, ses souvenirs de lycée : pour épater les filles et séduire, entre autres, Lady Jane, Ken cherche à mettre en avant sa culture occidentale, à organiser une barricade au lycée ou encore à mettre sur pied un festival clandestin. Il adopte toutes les causes susceptibles de charmer les demoiselles et vante volontiers films et groupes dont il ignore tout…  Sans scrupules, ni états d’âmes, il n’hésite pas à s’approprier le travail ou les idées de ses amis.

L’auteur nous livre un aperçu déroutant du Japon de la fin des années soixante où souffle un vent de révolte : système scolaire, attitudes des professeurs, rigidité administrative …  Le tout est intéressant, léger, parfois amusant mais si je l’ai lu avec curiosité, je suis néanmoins restée en marge de l’histoire et ne l’ai vraiment appréciée.  Je retiens pourtant cet auteur et je ne manquerai pas de découvrir les billets du challenge car d’autres titres me tentaient au moment de choisir ma lecture.



Challenge Ecrivains japonais : Lecture du mois de mai, Ryû Murakami














mercredi 29 mai 2013

La radio des blogueurs

 
 
 





Pour son retour, Leiloona nous demande un "artiste coup de coeur des six derniers mois".  

Mon choix s'est rapidement porté We are Young de FUN, un titre devenu une private joke familiale... 








En souhaitant que ce morceau vous apporte autant de bonne humeur et de dynamisme qu'à moi ! Toniiiiiight........

mardi 28 mai 2013

Le Secret de Rita H. de Stéphanie Des Horts


La présentation de l'éditeur :

Elle incarne le glamour hollywoodien des années 40, donne son nom à l'une des premières bombes atomiques, est la star du box-office. Derrière le sourire enjôleur des photos sur papier glacé, Rita Hayworth cache une blessure que nul ne saurait guérir. Cette fille de modestes danseurs espagnols cherchera désespérément tout au long de sa vie la protection et l'amour des hommes. Elle épouse un prince et un génie. Mais ni Ali Khan ni Orson Welles ne lui apportent le réconfort tant attendu. À l'aube de la quarantaine, le spectre de la maladie d'Alzheimer s'approche, alors que Rita est au firmament de sa carrière. Stéphanie des Horts s'est nourrie de ce destin tragique pour raconter le roman d'une vie. Celui d'une femme désirée, adulée, mais jamais comblée.

Avis

Dans ce roman tragique, l'auteur nous livre de manière romancée le parcours de Margarita Cansino devenue Rita Hayworth.  Elle donne la parole à l'interprète de Gilda qui alterne des retours dans le passé et le moment présent, à la fin de sa vie.  Le lecteur y découvre la place sans cesse grandissante de la maladie d'Alzheimer, vue à l'époque par l'entourage de l'actrice comme des crises d'alcoolisme.  

Si les dégâts et la cruelle réalité sont poignants, l'évocation de la jeunesse de Margarita ne l'est pas moins.  Un père exigeant, désirant à tout prix réussir, qui n'hésite pas à mettre sa fille toute jeune sur scène.  Une mère dépassée par les exigences de son époux et qui se réfugie dans l'alcool.

Un premier mariage donnera à la jeune fille  l'espoir d'un sauveur en la personne d'Eddie Judson.  Une illusion qui cherche uniquement à dénicher la perle rare et la modèle selon les désirs du public, peu importent les sacrifices que la malheureuse (Marga)rita devra consentir.  

Peu à peu, le succès s'annonce, sans pour autant apporter à Rita le bonheur qu'elle espère.  De petites éclaircies éclaireront ponctuellement cette cage dorée, à travers ses mariages avec Orson Welles et avec Ali Khan.  De ces moments heureux mais terriblement fugaces, naîtront deux filles, Yassie et Becky, à qui il reviendra de veiller sur la vieillesse "capricieuse" de leur mère.

Un roman émouvant qui révèle une profonde détresse humaine, derrière le faste d'Hollywood, pour celle qui restera intemporellement Gilda.

lundi 27 mai 2013

La fourmilière de Jenny Valentine

Le résumé de l'éditeur :

Personne ne choisit vraiment de vivre au 33, Georgiana Street. L’immeuble est situé dans un quartier peu engageant de Londres. Les appartements sont minuscules, sales, délabrés. L’électricité et le loyer se paient à la semaine. Seul avantage du lieu : Steve, le propriétaire, ne
pose pas de questions.
Pour un garçon de 17 ans qui a fugué, l’endroit est idéal. Sam s’est réfugié à Londres parce que, ici personne ne sait qui il est, ni ce qu’il a fait.
Cerise et sa fille Bohême sont deux autres nouvelles locataires qui déménagent au gré des petits amis de Cerise. À 10 ans, Bohême se débrouille toute seule, car sa mère est bien trop fragile et perdue pour arriver à s’occuper de sa fille.
Au 33, Georgiana Street, on évite de se mêler des affaires des autres. Mais Bohême va bouleverser la vie de l’immeuble. Elle a besoin d’un ami, et c’est Sam qu’elle a choisi.


Avis :


En ralliant Londres, Sam cherche à laisser le passé derrière lui. Un passé dont il a honte, au point de tout abandonner, à dix-sept ans et de recommencer à zéro dans la capitale. Seul dans la masse, il espère passer inaperçu.

 

Rapidement, il trouve un travail et un petit appartement.  Au 33 Georgiana Street, il fait profil bas et évite les voisins.  C’est sans compter sur la curiosité d’Isabel, une vieille dame un peu mêle-tout et de Bohemia, une petite fille qui s'ennuie.
 

Seule avec sa mère Cherry, Bohemia a passé sa vie d’un appartement à l’autre, au fil des rencontres de sa mère.  Leur vie est faite d’errances, de petits boulots, de combines.  Pour Bohemia, la vie est synonyme de débrouille : livrée à elle-même la plupart du temps, elle tue le temps, sans ami, ni école, ni même vêtements à sa taille… 

 
Pour cette petite fille délaissée, la présence de Sam agit comme un aimant : non seulement, elle aimerait s’en faire un ami mais derrière son envie de solitude, elle décèle un profond mal-être et décide de prendre les choses en main.
 

Sam et Bohemia se partagent la narration de ce roman : tour à tour, ils nous livrent leur passé, leur présent.  Chez Sam, on devine une faute inavouable ; chez Bohemia, un grand besoin d’affection.  Comment réussiront-ils à concilier ces manques ?



Au cœur du 33 Georgiana Street, les individualités les plus improbables se côtoient avec plus ou moins de bonheur et grâce à Bohemia, cette cohabitation prendra un tour inattendu.  Un roman fort qui surprend le lecteur, après un démarrage en douceur et le laisse, une fois la dernière page tournée, séduit : une belle dose d’humanité et un joli coup de cœur !

dimanche 19 mai 2013

Dès l'aube d'Isabelle Florel

Le résumé de l'éditeur :

1942. Madeleine, veuve depuis peu, surprend un inconnu dans sa remise. Un clandestin, prêt à tout pour passer la ligne de démarcation et entrer en zone libre dès l'aube. Malgré ses réticences, elle lui offre l'hospitalité. Enveloppés dans cette nuit singulière, ils se lient dans l'attente et le silence... Elle partira ensuite à la recherche du clandestin qu'elle a hébergé chez elle le temps d'une nuit.


Avis :


Dans ce premier roman, Isabelle Florel nous emmène dans les années de guerre : 1942, Madeleine est veuve et apprécié sa liberté tout récente. Seule dans sa ferme, elle ne garde pas un souvenir très heureux de son mariage.


Lorsqu'un orage l'oblige à se réfugier dans une remise, elle y découvre un fugitif qui espère rejoindre la zone libre. Par la force des choses, elle l'héberge pour la nuit. Au matin, la maison est vide et un peu troublée, Madeleine décide de se lancer à la suite de l'inconnu, qui répond au nom de Simon. L'aube lui fera découvrir le triste sort des malheureux qui tentent de passer la ligne de démarcation... 


De cette brève rencontre, Madeleine restera marquée, au point de partir à la recherche de Simon, de chercher à lui apporter de l'aide et enfin de rallier la capitale, d'où il est parti. La réquisition de sa maison ne fera qu’ajouter à sa résolution.


Voici donc Madeleine à Paris…  Paris, lieu de multiples rencontres... Paris, où la guerre se fait sournoise... Un voyage sur fond de musique, des Folies Bergères à la prison du Cherche-Midi.  Un roman qui mêle volet historique et quête personnelle dans un récit intéressant et agréable.  Merci aux Éditions J'ai Lu pour cette lecture en partenariat.

dimanche 12 mai 2013

Le mont Crépitant d'Osamu Dazai

La présentation de l'éditeur :

"A voix haute il lui lit des contes comme Momotarô, Le Mont Crépitant, Le moineau à la langue coupée, Les Deux Bossus ou Monsieur Urashima.
Bien qu'il soit pauvrement vêtu et qu'à sa figure on le prenne pour un idiot, ce père est loin d'être un homme insignifiant. Il possède en effet un art vraiment singulier pour imaginer des histoires.

"Il était une fois, il y a bien, bien longtemps..."

Ainsi, tandis qu'il lui fait la lecture de sa voix étrange et comme stupide, c'est une autre histoire, toute personnelle, qui mûrit au fond de son cœur. "

Voici des contes populaires qui figurent parmi les plus célèbres au Japon et auxquels le grand écrivain Dazai Osamu (1909-1948) donne une interprétation personnelle par la voix d'un narrateur quelque peu original, censé les lire à sa fille dans un abri antiaérien.

Avis :



Ce recueil reprend quatre contes japonais que le narrateur choisit d'utiliser pour occuper sa fille, au cours d'une attaque aérienne. Il émaille ces récits de réflexions personnelles sur les protagonistes, de parallèles avec la mythologie grecque, ...
 
Les deux bossus nous raconte les péripéties d'un vieillard affligé d'une bosse sur la joue et sa rencontre avec des démons, un soir sur le mont Tsurugi. Son aventure inspira un bossu du voisinage qui se mit en quête des démons...
 
Monsieur Urashima aîné d’une grande famille sauve un jour une tortue et est, en retour, invité à visiter en sa compagnie le Palais du Dragon. Ce conte est le récit de ce voyage, sous la mer, à la rencontre d'Otohime, joueuse de koto et le retour de Monsieur Urashima dans son village. Comme dans le mythe de Pandore, regagne son foyer avec un cadeau offert par Otohime, un coquillage, la fameux écrin du Palais du Dragon. Doit-il l'ouvrir ou non ? Peut-il se fier aux conseils de la tortue qui lui enjoint de le garder clos ?
 
Le mont crépitant reprend les démêlés entre un raton, auteur d'une mauvaise farce sur une vieille dame et un lapin qui cherche à faire regretter ses mauvais penchants. Au fil du récit, le lapin affûte sa vengeance et se joue du raton bien crédule.
 
Le moineau à la langue coupée nous introduit dans le quotidien d'un couple étrange : le mari ressemble à un vieillard et passe ses journées à ne rien faire. L'épouse s'attelle aux tâches ménagères et ne récolte que de l'indifférence. Un jour pourtant, un moineau parvient à capter l'attention de l'époux et à discuter, car il parle, avec lui. Jalouse de cette voix qu'elle croit être celle d'une jeune fille, l'épouse se venge sur l'oiseau en lui arrachant la langue. Le moineau s'enfuit et l'époux se lance un peu plus tard à sa recherche, dans le bois de bambous.
 
J'ai découvert, dans ce recueil, des contes agréables à suivre et où les interruptions intempestives du narrateur ne m'ont pas gênée, loin de là. L'esprit critique et l'humour de l'auteur ajoutent une dimension plaisante à ces contes.  Néanmoins, la morale m’en a, de façon assez générale, échappé.  Je m’interroge sur les intentions de l’auteur et je reste un peu sceptique au moment de conclure ce billet.  Donc : une lecture agréable suivie d’un mais…


 
 










Challenge Ecrivains japonais : Lecture du mois d'avril, Dazai Osamu

vendredi 10 mai 2013

Liebster Awards



Juste retour des choses : à mon tour de me pencher sur une copie...  

Syl et Argali m'ont taguée en me décernant ce Liebster Award et je suis occupée à répondre à leurs questions.  

N'étant pas une rapide dans ce genre d'exercice, je vais faire un peu de teasing pour les rassurer : je vais donc commencer par la première des 11 révélations à mon sujet !


  1. Je souffre de procrastination ^^
La suite demain !


Les questions de Syl :


1. Peux-tu faire le grand écart ? Toucher ton nez avec la langue ? Faire un truc.
2. Cet été, la mode, tu la vois en quelles couleurs ?
3. Prends-tu le temps le matin de te badigeonner de crème… enduire ton corps… ?
4. Crois-tu aux fantômes ?
5. A quoi jouais-tu en cours de récréation ?
6. Ton dessin animé préféré ? et ta série culte ? Le générique que tu me chanterais…
7. Si tu devais écrire un livre, que raconterais-tu ?
8. Quel est le prochain pays que tu visiteras ? Que tu aimerais fouler de tes pas…
9. As-tu déjà écrit des poèmes ? Peux-tu m’en faire un en 4 lignes ???
10. Je t’embête ?
11. Propose-moi une lecture commune ! Nous avons toute la vie pour l’honorer. Un truc gentil qui ne fait pas pleurer !

Les questions d'Argali : 

1.Quel est ton meilleur souvenir d’enfance ?
2. Si je te dis « plume » tu penses à…
3. Que contient essentiellement ta bibliothèque ? (romans, documentaires, jeunesse, essais, BD, livres d’art, guides de voyages, polars…)
4. Quel est ton écrivain préféré ? Pourquoi ?
5. Quel a été le pire jour de ta vie ?
6. Si tu étais une personnalité, tu serais…
7. Décris un moment idéal, parfait, pour toi. (lieu, atmosphère, occupation…)
8. Que ferais-tu si tu recevais inopinément mille euros ?
9. Quel est le dernier film que tu as vu au cinéma ?
10. Quel est ton plat préféré ?
11. Qu’est-ce qui peut te mettre en colère ? 

Vent d'Est, Vent d'Ouest de Pearl Buck

La présentation de l'éditeur : 


Années 1920. Kwei-Lan « vient d’être mariée », sans le connaître, à un jeune Chinois auquel elle a été promise avant même sa naissance. Ce Chinois revient d’Europe, il a oublié la loi de ses ancêtres, il ne respecte ni les coutumes ni les rites…

Le frère de Kwei-Lan, l’héritier mâle, dépositaire du nom et des vertus de la race, qui vient de passer trois ans en Amérique, annonce son mariage avec une étrangère ; il revient avec elle…

À travers les réactions des membres de cette famille de haute condition où l’attachement aux traditions, le culte des ancêtres, l’autorité du père et de la mère n’avaient encore subi aucune atteinte, la grande romancière Pearl Buck nous fait vivre intensément le conflit souvent dramatique entre la jeune et la vieille Chine.

Avis : 

Lu il y a bien des années, c'est un billet récent de Mo', "Les pieds bandés" qui m'a remis ce roman en tête et il ne nous en a pas fallu davantage pour redécouvrir ce texte de concert, en lecture commune.


Cadette de la vénérable famille Yang, la jeune Kwei-Lan a été élevée dans le plus strict respect des traditions de la Chine ancestrale.  Promise depuis toujours au fils d'une famille amie, elle s'apprête à faire son entrée dans ce nouveau foyer.  De son mari, elle sait peu de choses mais connaît cent façons de le séduire, de la table au chant, en passant par l'art vestimentaire, sans oublier ses minuscules pieds, objets de bien des attentions et d'autant de sacrifices.

Pourtant, dès le départ, Kwei-Lan est surprise par son époux  : il a fait des études en Occident et semble avoir des idées bien arrêtées, parfois iconoclastes.  Ainsi, il refuse que son épouse serve sa belle-mère, comme le prévoit la tradition, et préfère s'établir en dehors de la maison familiale, dans une petite demeure moderne.  

Perdue dans ce nouvel environnement, Kwei-Lan est bien loin de tout ce qu'elle a toujours connu et tente d'y concilier les habitudes ancestrales.  Pas simple au milieu de ce mobilier moderne, sans rapport avec la maison chinoise traditionnelle.  Elle fait également de son mieux pour se rapprocher de son époux mais le voit tout aussi désorienté qu'elle face à ce mariage qui lui a été imposé.  Au fil du temps et des efforts de chacun, le couple se rapproche pourtant et le bonheur semble possible.

Parallèlement, le frère de Kwei-Lan, parti étudier en Amérique, annonce son retour, accompagné d'une épouse américaine : voici qui est annonciateur de bien des soucis pour la famille Yang.  Le temps des fantaisies est révolu, il est temps pour lui de rentrer et d'endosser son rôle d'héritier, en commençant par épouser celle qui lui est promise depuis sa plus tendre enfance et en donnant un fils à ses parents.

Coincée entre son envie de suivre les principes séculaires qui lui ont été enseignés de tout temps et son souhait de plaire à son mari, Kwei-Lan nous décrit les premiers temps de son mariage, son désarroi, sa joie de se découvrir ensuite une âme sœur, ... 

Déjà tiraillée entre ces deux mondes qui s'affrontent dans la Chine des années 20, elle souffre davantage avec le retour de son frère.  Comment à la fois contenter ses parents et son frère ?  Comment blâmer Mary, cette jeune femme qui semble aimer son frère d'un amour pareil à celui qu'elle-même éprouve pour son mari ?  Comment, en tant que mère, ne pas comprendre ce qu'éprouve sa mère, l'inflexible Première Epouse ?

Dans ce texte sensible et poétique, Kwei-Lan confie ses doutes, ses hésitations, les discussions avec son époux qui l'aide à voir les faits de manière nouvelle, sans les œillères que lui a léguées sa mère et les traditions ancestrales.  

J'ai pris grand plaisir à me plonger à nouveau dans cette lecture, tout en sensations, à l'instar du jardin de la maison Yang, et en émotions, à l'image de Kwei-Lan et de ses sentiments parfois contradictoires. Pearl Buck nous livre un personnage attachant, tiraillé entre deux cultures qui s'affrontent dans un superbe roman qui voit le tournant d'une époque et s'interroge sur ce qui annonçait alors la Chine d'aujourd'hui.  


Lecture commune avec Mo' : voici son billet.

jeudi 9 mai 2013

Sam Capra, tome 1 : Adrenaline de Jeff Abbott

La présentation de l'éditeur :


Brillant agent de la CIA basé à Londres, Sam Capra mène la vie dont il a toujours rêvé. Un jour, sa femme Lucy, enceinte de leur premier enfant, l'appelle au bureau et lui demande de sortir immédiatement du bâtiment. À peine a-t-il quitté les lieux qu'une déflagration dévaste l'édifice ! Lucy disparaît et la CIA tient Sam, seul rescapé de l'explosion, pour responsable des événements  Incarcéré, il parvient à déjouer la surveillance de la Compagnie. C'est désormais un homme brisé, traqué, mais prêt à tout !


Avis :


L'humeur est au beau fixe pour Sam Capra : marié, bientôt père, un travail bien placé dans l'antenne londonienne de la CIA, du temps pour le sport, ...  En un mot, tout "baigne" : il a juste un peu de retard à la réunion de ce matin...  Rien de grave !  Du moins jusqu'à ce que Lucy l'appelle au beau milieu de sa présentation et lui enjoigne de quitter le bureau sur le champ.  Un peu désarçonné, Sam obéit sans comprendre et assiste, impuissant, à la destruction de l'immeuble, soufflé par une explosion.  Ses ennuis ne font que commencer...

Mis au secret, rapatrié de force, torturé par l'Agence, Sam perd peu à peu la notion du temps et ne cesse de s'interroger, sans nouvelle de Lucy.  Difficile pour lui de croire à la complicité de son épouse et pourtant, les preuves semblent aller dans ce sens.  Innocenté après quelques mois de mauvais traitements, Sam doit alors se bâtir une nouvelle vie, sous la surveillance de la CIA.  Bien décidé à découvrir la vérité par lui-même, il n'a d'autre solution que de fausser compagnie à ses anges gardiens et de chercher à rallier l'Europe, pour y trouver la trace de Lucy.

Autour du personnage de Sam Capra, Jeff Abbott construit un thriller tout en action et en vitesse.  Dans cette enquête où se mêlent grand banditisme, sociétés secrètes, espionnage, pas de temps morts : les rebondissements s'enchaînent, les pistes se dévoilent, ...  A Sam de  tirer son épingle du jeu et de poursuivre sa quête.  Une aide inattendue lui sera apportée via Mila et la Table Ronde, l'occasion pour le lecteur de se poser d'autres questions.

Jusqu'au bout, le suspense demeure car si certaines solutions semblent se dessiner, elles sont vite remises en cause et le mystère reste entier.  Autant que son héros, le lecteur est impatient de découvrir qui agit dans l'ombre et pourquoi.  Un thriller intrigant, efficace,  mettant en scène un héros à suivre car visiblement bon nombre de questions restent en suspens... Un grand merci aux éditions J’ai lu pour cette découverte captivante !

samedi 4 mai 2013

L'été de l'ours de Bella Pollen

Le résumé de l'éditeur :

Suite au décès inexpliqué de son époux, haut diplomate anglais, Letty Fleming fuit Bonn, les tensions de la guerre froide et les soupçons de trahison qui pèsent sur son mari. Réfugiés sur une île d'Écosse, Letty et ses trois enfants, chacun à leur manière, tentent de faire leur deuil. Porté par son imagination, le petit Jamie lance des bouteilles à la mer, dans l'attente de celui qui lui ramènera son père. Et c'est un ours solitaire, épris de liberté, qui va répondre à ses appels...



Avis :


La mort  de Nicky laisse la famille Fleming  très désorientée : que pouvait  bien faire ce diplomate anglais sur le toit de l'ambassade de Bonn ?  Un décès brutal, qui ouvre la porte à toutes les suppositions en ces temps de  guerre froide.   

Sans véritable attache en Allemagne, Letty décide de rejoindre le Royaume Uni  et plus précisément les Hébrides extérieures : elle a toujours vu la maison de Ballanish comme un sanctuaire et c'est là qu'elle souhaite se reconstruire, entourée de ses enfants.  

Des trois enfants du couple, chacun vit les événements et s'acclimate à sa nouvelle vie à sa manière : Georgie, l'aînée, est très concernée par ses responsabilités.  Elle a été très marquée par un voyage à Berlin Est, en compagnie de son père.  Alba au caractère rebelle semble en vouloir au monde entier et tout spécialement à son jeune frère Jamie.  Jamie est un enfant particulier, attachant : il évolue dans un univers bien à lui; tout y est possible...  Même de retrouver son père dans l'ours qui, échappant à son dresseur, se terre dans l'île.

Découverte avec ce premier récit en français, Bella Pollen nous livre ici un joli roman, tout en finesse et en poésie, en accord avec le monde que se construit Jamie.  A tour de rôle, elle laisse la parole aux différents membres de la famille Fleming et à l'ours.  L'ensemble nous permet de découvrir les secrets de Nicky et d'élucider les circonstances de sa mort.  Le décor est superbe, un peu tourmenté, à l'image des pensées de Letty et de ses enfants.  Un texte empreint d'émotions qui m'a beaucoup plu et que je vous invite à découvrir à votre tour.

vendredi 3 mai 2013

Le champ du potier d'Andrea Camilleri

Le résumé de l'éditeur :

Non loin de Vigàta, sur une terre argileuse qui n'intéresse que les potiers, le corps d'un homme est découvert dans un sac poubelle, découpé en trente morceaux. Peu après, la splendide Dolorès vient signaler la disparition de son mari, un officier de marine colombien d'origine sicilienne.
Le champ du potier est évoqué dans les Évangiles : c'est là qu'on enterra Judas. Faut-il y voir un message ? S'agit-il d'une vendetta mafieuse ? Le mort est-il le marin disparu ? Entre deux succulents déjeuners, le commissaire aurait bien besoin de l'aide de tous ses hommes, de l'inénarrable Catarella à son adjoint Mimì, mais ce dernier se comporte de manière de plus en plus étrange et agressive. Serait-il impliqué dans l'affaire ?
Heureusement, la belle Ingrid vient au secours du commissaire...

Avis :

C'est avec un grand plaisir que j'ai retrouvé le commissaire Salvo Montalbano et toute son équipe : un pur moment de bonheur, en Sicile.  Je reconnais qu'Andrea Camilleri n'est pas au goût de tous mais personnellement, une fois le barrage de la langue contourné, j'ai pris goût à ces romans policiers au charme si particulier. 

Pour ceux qui découvrent cet auteur, les personnages de Camilleri s'expriment en dialecte sicilen, rendu par le traducteur par un patois lyonnais.  Douceur de vivre, personnages hors du commun, gastronomie, choix des sujets, impertinence ...  l'ensemble est très savoureux et j'avoue attendre avec impatience chaque année le nouveau Camilleri.

Cette fois l'enquête commence sous la pluie : ce temps est digne du déluge et les intempéries mettent à jour un corps découpé en morceaux.  L'identification est malaisée et peu à peu, Montalbano pense à la Mafia et au traitement réservé autrefois aux traîtres.  Au fil du temps, d'autres incidents apparaissent et l'enquête semble oubliée...  Il faut dire qu'au coeur du commissariat même, l'ambiance se déteriore, notamment en raison du comportement inhabituel de Mimi Augello : agressif et irritable, l'adjoint de Montalbano souhaite se voir confier l'enquête et le fait savoir haut et fort.  Pour Montalbano, il est temps d'intervenir.

Outre le meurtre à résoudre, je me suis régalée des relations de Montalbano avec sa hiérarchie, des moments passés à table, de son habilité à gérer Catarella, ...  Une fois encore, l'enquête est délicate et il faudra toute la ruse et la sagacité de Montalbano pour l'élucider, sans avoir l'air d'y toucher !

jeudi 2 mai 2013

La femme parfaite est une connasse d'Anne-Sophie Girard & Marie-Aldine Girard

La présentation de l'éditeur :

Ce livre est LE guide pour toutes les femmes imparfaites (c’est-à-dire grosso-modo pour toutes les femmes*). Vous y apprendrez notamment comment garder votre dignité quand vous êtes complètement bourrée, qui sont ces filles qui ne mangent qu’une salade par jour, les questions qu’il ne faut pas poser à un homme si vous ne voulez pas entendre la réponse, ou ce qu’il faut faire de toute urgence si votre mec veut s’acheter des Crocs.

* Il peut également être lu par les hommes qui n’ont pas peur de découvrir ce que les filles se racontent entre elles dès qu’ils ont le dos tourné...


Avis :

Dernier des trois titres reçus des éditions J’ai lu, ce guide de survie trouve, lui aussi, parfaitement sa place dans cette collection "Humour" : drôle, impertinent, terriblement personnel, il passe en revue des situations courantes de la vie quotidienne et y apporte un délicieux petit grain de sel.  La rupture, la photo sur facebook, les cadeaux, les mères sont, entre autres, disséqués par les auteurs et imagées par des anecdotes, des situations vécues...  J'ai personnellement un petit faible pour "la fille qui ne grossit pas..."

Les différents sujets sont agrémentés de règles, de théories, de bons à découper...  Sans oublier les irrésistibles notes de bas de page !  L'ensemble est très vivant, plaisant, idéal pour se détendre : à un moment ou un autre, chacune pourra s'y retrouver ou identifier un(e) proche, ce qui ne fera qu'ajouter au plaisir de lecture.  Un grand merci aux éditions J’ai lu pour cette lecture remède contre la morosité

mercredi 1 mai 2013

Les Raisins de la colère de John Steinbeck

La présentation de l'éditeur :

Le soleil se leva derrière eux, et alors... Brusquement, ils découvrirent à leurs pieds l'immense vallée. Al freina violemment et s'arrêta en plein milieu de la route. - Nom de Dieu ! Regardez ! s'écria-t-il. Les vignobles, les vergers, la grande vallée plate, verte et resplendissante, les longues files d'arbres fruitiers et les fermes. Et Pa dit : - Dieu tout-puissant ! ... J'aurais jamais cru que ça pouvait exister, un pays aussi beau.

Avis :


Condamné pour meurtre, Tom Joad a passé quelques années en prison.  Libéré anticipativement pour bonne conduite, il entend bien rejoindre sa famille, à Sallisaw, dans l’Oklahoma et y travailler sur les terres.  Pourtant, ce retour lui réserve de biens mauvaises surprises : la crise de 1929 est là et les machines ont remplacé les hommes dans les champs, les obligeant brutalement à quitter leur foyer.  Pour beaucoup, la Californie prend des allures de terre promise et comme la majorité de leurs voisins, les Joad prennent la route dans l’espoir d’y trouver un travail.

Entassant leurs maigres possessions, un peu de nourriture et l’ensemble de la famille dans un camion de fortune, voici les Joad partis vers un avenir qu’ils espèrent meilleur.  Ils mettent tous les espoirs dans les tracts jaunes qui ont été distribués à travers le pays, annonçant un travail facile et bien rémunéré.  C’est sans compter sur l’avidité des grands propriétaires et leur raisonnement scabreux : profiter de la main d’œuvre surnuméraire pour baisser les salaires au maximum…

Dans ce texte réaliste et terriblement émouvant, John Steinbeck pointe du doigt le capitalisme et ses dérives : il alterne les aventures des Joad en route pour la Californie avec les événements qui attendaient les émigrants au cours de leur voyage.  L’achat de la voiture, l’hostilité envers les Okies, les conditions de vie … sont passées en revue et font la richesse de l’œuvre.

Autre point fort du roman, les personnages que met en scène l’auteur : certains comme Mam ou Tom se démarquent, remarquables par leur ténacité et leur abnégation face au doute, à la faim, … 

Au fil du périple de nos malheureux héros, la route 66 perd assurément l’allure paradisiaque que nous lui attribuons aujourd’hui. Pourtant à l'occasion, la solidarité sera au rendez-vous, tout comme l’amour familial, le courage, … 

Ce classique fait l'objet d'une lecture commune organisée par Paikanne : son billet est ici. Vous pouvez également découvrir l'avis d'Argali qui nous rappelle l'accueil réservé à ce roman, avant de recevoir le Prix Pulitzer.

Je ne peux résister à terminer en musique, avec The ghost of Tom Joad de Bruce Springsteen : un titre directement inspiré de l'oeuvre de Steinbeck et dont un couplet reprend l'engagement de Tom, décidé à se retrouver dans toutes les inégalités...