"Si vous possédez une bibliothèque et un jardin, vous avez tout ce qu'il vous faut."
Cicéron

mardi 31 décembre 2013

Bon réveillon !






Belle fin d'année à tous, 

au plaisir de vous lire en 2014 !

lundi 30 décembre 2013

Parfum de glace de Yoko Ogawa

Le résumé de l'éditeur :

A la mort de son compagnon, Ryoko réalise qu’elle ne savait rien de lui. Le jeune homme, prénommé Hiroyuki, s’est suicidé dans son laboratoire de parfumeur, où il composait des senteurs exceptionnelles en mettant en pratique son incomparable mémoire olfactive et ses capacités scientifiques. En retournant sur les lieux du drame, Ryoko espère comprendre les raisons de cet acte désespéré, mais elle ne trouve rien si ce n’est quelques phrases énigmatiques enregistrées sur une disquette. 

Incapable de faire le deuil de cet homme étrange, Ryoko recompose lentement son passé. Et c’est à Prague, où il serait venu quinze ans plus tôt, que la mémoire et les parfums se répondent…

Avis :

Bouleversée par le suicide de son compagnon Hiroyuki, Ryoko cherche à découvrir l’homme qu’il était vraiment : sa famille, les lieux de son enfance, ses passions, … dessinent peu à peu, devant ses yeux, Rooky, un être dont elle ignorait tout.

Mathématiques, patinage artistique, voyages, odeurs, … autant d’éléments qui semblent avoir façonné Hiroyuki et qu'elle appréhende, stupéfaire.  Un séjour à Prague, visité par Hiroyuki alors adolescent, permet à Ryoko de comprendre le parcours de celui dont elle a partagé la vie.

Tourné vers le processus de deuil, Parfum de glace  nous emmène dans un récit touchant, mêlant rêve et enquête.   J’y ai retrouvé les ingrédients qui m’ont tant plu chez Yoko Ogawa : style tout en finesse, pointe d’onirisme,  texte célébrant amour et nostalgie, ... Un superbe ensemble et une jolie note pour clore le 
Challenge Ecrivains japonais d'Adalana.



Challenge Ecrivains japonais : Lecture du mois de décembre, auteur au choix : Yoko Ogawa

dimanche 29 décembre 2013

Cette lumière qui vient de la mer d'Hiromi Kawakami





La présentation de l'éditeur :

A dix-sept ans, Midori aimerait bien se réconcilier avec sa vie et son entourage, au contraire de son meilleur ami, Hanada, qui se travestit en fille pour « rompre son osmose avec le monde ». Il est vrai qu’il a été élevé dans une famille un peu atypique, par une mère journaliste en free-lance et une grand-mère adepte de la règle qu’il faut dire toute la vérité aux enfants sans rien leur cacher. C’est elle qui, un jour, lui a appris que cet homme qui venait régulièrement à la maison était son propre père. Quand vient l’été, Midori décide de rejoindre ce père irresponsable mais plein de charme sur une lointaine île de l’archipel…



Avis :


Hésitant entre deux titres d'Hiromi Kawakami pour le mois de novembre du Challenge Ecrivains japonais d'Adalana, j'ai pris les deux en prévision de décembre, libre quant au choix de l'écrivain. 

Cette fois, l'auteur s'attarde sur Hiromi un adolescent : les premières lignes le mettant en scène face aux questions de sa mère à propos de sa journée m'ont tout de suite semblé familières.  A commencer par ses réponses lacunaires... 

Alors, comment s'est passée la journée ?
Tous les jours, ou presque, ma mère me demande la même chose.
Ben, normal.
Voilà, à peu près le style de ma réponse.  Invariable.  Ben, suivi de, normal.  Toujours ces deux mots.  Les rares fois où j'ai répondu autrement, je peux les compter.  Et quand j'y suis obligé (parce que tout de même la journée en question appartenait plutôt au genre horrible ou génial), j'évite autant que possible de me trouver en face de ma mère.

Ceci dit, n'étant plus à même de m'identifier au personnage d'Hiromi, j'ai pris grand plaisir à découvrir son quotidien et à le suivre tout au long du roman.  Une famille un peu fantasque : une mère très occupée et une grand-mère très présente; des amis remarquables : Hanada par son envie de s'habiller en fille pour se détacher du monde, Mizue amoureuse et tourmentée par la passivité du jeune homme, ...  Un père biologique supposé, en peu en marge ...


A travers la vie d'Hiromi, ses doutes et ses interrogations, Cette lumière qui vient de la mer nous donne un aperçu du Japon et de ses traditions : un récit agréable et poétique.  Certains lui reprocheront peut-être sa passivité et son manque d'action mais ce calme me semble indissociable d'une certaine sérénité, simple et bienvenue.  Une très jolie confirmation qui me conforte dans mon (non) choix !


Challenge Ecrivains japonais : Lecture du mois de décembre, auteur au choix : Hiromi Kawakami

vendredi 20 décembre 2013

Cookies, hasard et petit paquet...

 Quelques photos plutôt qu'un long discours :


belle lecture et bon amusement en cuisine !



mardi 17 décembre 2013

Le formidable événement de Maurice Leblanc

Lecture en partenariat dans le cadre de l'opération Masse Critique : un grand merci à Babelio et aux Editions de l'Evolution.

La présentation de l'éditeur :

Dans les années 1920, un soulèvement géologique cataclysmique fait remonter le sol de la Manche, créant un isthme aussi soudain qu'imprévu entre la France et l'Angleterre. Mais qu'est devenue Isabel, la fiancée de Simon Dubosc, partie en mer juste avant le drame ? Isabel, dont le lord de père refuse à ce roturier de Simon la main de sa fille, sauf à accomplir en 20 jours un exploit d'envergure. Or les humeurs tectoniques ont fait apparaître une terre sans nation et sans loi, une Prairie de varech qui aurait terrifié Fenimore Cooper... 

En un tournemain, cette terre encore humide des abysses devient celle de lugubres oiseaux de proie ; dans des carcasses d'épaves suintantes se déroulent des scènes de cauchemar dont aurait pu s'inspirer Mad Max... Mais face aux passions les plus sinistres, les passions les plus nobles sont aussi à l'oeuvre...


Avis :

Profondément amoureux d’Isabel, la fille de Lord Bakefield, Simon Dubosc s’apprête demander sa main.  Repoussé avec dédain par ce noble arrogant, Simon n’hésite pas à faire valoir son courage et sa bravoure face aux origines de l’aristocrate, descendant de Guillaume le Conquérant.  Vingt jours lui suffiront pour réaliser un exploit et égaler l’aïeul de sa belle ! 

Plus facile à dire qu’à faire : déchaînée, la Nature lui offre un terrain à la hauteur de ses ambitions en transformant la Manche en paysage cataclysmique et redoutable où les plus bas instincts se révèlent…

Père du charmant Arsène Lupin, Maurice Leblanc s’attaque ici à un genre différent : la science-fiction.  Si la disparition de la Manche ne m’a pas posé de souci à envisager, j’ai beaucoup moins suivi l’auteur dans son évocation d’une humanité devenant tout à coup violente et belliqueuse.  Heureusement des sentiments comme l’amitié et la fidélité persistent.  Je dois confesser une certaine foi en l’humain et ce revirement subit de situation m’a un peu refroidie au cours de ma lecture.


J’ai néanmoins suivi avec intérêt les aventures de Simon, à la poursuite de sa bien-aimée, partie bien imprudemment sur cette terre nouvelle.  Du côté des personnages, je n'ai pas vraiment ressenti d'affinités pour les héros : Isabel n'a pas éveillé grand intérêt en moi, malgré ses ennuis.  Seule Dolorès, marginale et peu gâtée par la vie, m'a parue digne de sympathie.  Quant au volet masculin, ce récit met en scène un héros qui ne manque, certes, pas de qualités mais ne possède pas le charisme et la fantaisie du bel Arsène.  Je reconnais avoir placé la barre très haut mais rien n'empêche de rêver un peu !

C'est donc un bilan en demi-teinte que je dresse pour ce roman d'aventures, assorti d'un dossier scientifique présentant, schémas à l'appui, une enquête réalisée par Serge Simon sur le phénomène à l'origine de ce roman.



jeudi 12 décembre 2013

Que de l'oubli de Pauline Guéna




La présentation de l'éditeur :

Gabriel s'est engagé à vingt ans dans l'armée, sur un coup de tête. Par une nuit sans sommeil, il essaie de tirer le fil de sa vie, de retracer les chemins qui l'ont mené là. Il ne parvient à fermer l’œil qu'au petit matin, quelques minutes avant que l'alarme sonne, qu'il prépare son barda et se précipite dans le camion pour une opération spéciale. Le véhicule démarre, emportant les soldats. Gabriel entend nettement un clic, celui de la bombe qu'on arme. Trop tard pour crier. Son camion explose.

Avec la déflagration, la vie de Gabriel, celle de ses proches, éclatent en une constellation de personnages, de lieux, de moments. Sur le devant de la scène, les protagonistes s'avancent puis reculent au gré des chapitres, entrent et sortent selon les époques : Géraldine, la mère de Gabriel, qui a rêvé une vie trop parfaite, Alice, sa tante, qui lui a deux fois sauvé la vie, Harper, sa jeune belle-mère, qui a fait de sa personne une machine de guerre, Alex, qui n'écrira jamais le livre qu'il porte en lui.

Avec une grande maîtrise formelle, Pauline Guéna dessine un réseau de destinées individuelles. À travers cette galerie d'individus reliés les uns aux autres, proches un jour, séparés le lendemain par la vie, les kilomètres ou l'oubli, elle nous dit comme le temps passe et comme il délite inéluctablement nos désirs et nos rêves.


Avis 


Le récit s’ouvre sur Gabriel : engagé en Afghanistan, c’est lui qui amorce la galerie de personnages mis en scène par Pauline Guéna.  C’est autour de lui que les personnages qui suivent graviteront.  Pilier central de cette histoire, il évoque le destin qui l’a mené à cet instant précis, ce moment où tout est prêt à basculer.  Ses pensées lèvent timidement le voile sur les vies qui viendront ensuite. 

Sept personnages sont ainsi, tour à tour, mis sous les feux des projecteurs.  A la suite de Gabriel, Emma prend le relais : stagiaire dans le cinéma, elle s’apprête à quitter la France pour un stage aux Etats-Unis, un tournant dans sa vie.  Viennent également Mark et Géraldine, les parents de Gabriel : l’auteur nous les présente dans des chapitres distincts, à des époques différentes.  Mais pour l’un et l’autre à des moments charnières de leur existence.  Toujours dans la famille proche de Gabriel, Alice, sa tante : un de ses repères, son lien avec le pays.  Harper prend la suite, calculatrice, ambitieuse, très secrète : une vie faite de calculs et de plans savamment pesés, sans aucun hasard.  Alex, un ami de famille, professeur attaché à ses rêves de toujours et à ses amitiés. D’autres, encore, apparaissent en coulisses : réalistes, attachants, profondément humains.  Il s’en faut de peu que certains ne volent la vedette aux premiers rôles…

Ce sont donc sept existences distinctes que nous livre Pauline Guéna : au premier abord, on pourrait penser qu’il s’agit de sept inconnus, sept destins sans aucun rapport.  Pourtant au fur et à mesure des pages qui se tournent, les connexions apparaissent, subtilement, discrètement.  A l’image des fameux « six degrés de séparation ». 

Ces personnages ne forment pas une histoire commune mais proposent de suivre sept lignes de vie liées, à des moments bien déterminés.  Le récit est habilement construit : les ponts apparaissent peu à peu, le lecteur imagine des scénarios et s’interroge à propos des personnalités mises en scène.  Avec brio, Pauline Guéna passe d’un personnage à l’autre, changeant aisément d’âge, de sexe, d’époque : les personnages se suivent et ne se ressemblent pas.    A nouveau personnage, nouveau style !  C’est à chaque fois un univers, une logique, des émotions différents qui s’installent à l’amorce d’un chapitre.  Malgré le risque de se perdre en présentant ces « mini-récits », l’ensemble est très réussi : l’histoire est homogène, le passage de l’un à l’autre se fait sans difficulté, malgré les sauts dans le temps et l’espace.  Le lecteur, intrigué, cherche à établir des connexions, se prend au jeu, aspire à retrouver les protagonistes.

Tout en restant profondément ancré dans la réalité, le style est travaillé, chaque mot est précisément choisi.  Avec le même soin, l’auteur creuse chacune des vies abordées, chacun des sujets traités : amour, handicap, maternité, …   Cette recherche apporte profondeur et réalisme au récit, émotions et sensibilité aux personnages.  Ainsi, outre le thème récurrent des moments charnières, les protagonistes, premiers ou seconds rôles, ont en commun d’éveiller un écho auprès du lecteur : à tout instant,  de petites étincelles se font en découvrant telle facette d’un personnage et le lecteur pense immédiatement à l’une de ses connaissances.  Voire se reconnaît dans le récit…  Une fois n’est pas coutume, je me suis surprise à noter l’un ou l’autre passage, particulièrement parlant pour moi. 

Dans la cuisine, Géraldine préparait le dîner en le détestant de ne pas l’aider, en détestant Alice de ne pas l’aider,  en se gardant bien de demander quoi que ce soit de peur de n’avoir plus personne à détester.


Réalisme, personnalités attachantes, espoirs et souvenirs…  autant de points forts qui font le charme de ce roman et lui permettent de rester vivant dans l’esprit du lecteur, la dernière page tournée. 



 

Lu dans le cadre des Chroniques de la rentrée littéraire : un grand merci à Abeline et aux éditions Robert Laffont !


dimanche 1 décembre 2013

Une recette de cookies pour Noël ?





Lectrice compulsive, vous le savez déjà, enthousiasmée par l'esprit de Noël qui fleurit un peu partout autour de nous, j'ai profité il y a quelques jours d'une commande scolaire chez Bookdepository pour m'offrir The Christmas Cookie Club.  Une lecture parfaite à ce moment de l'année !

Cherchant tout à l'heure une lecture à entamer, je me suis aperçue, avec surprise ^^, que j'avais déjà craqué pour ce titre...


Adepte des lectures en V.O. ?  Fan de cookies ?  Ce nouvel exemplaire, enrichi de recettes de cookies, est pour vous !  Un commentaire pour signaler votre participation, avant le 13 décembre minuit.  Le tirage au sort suivra et le roman sera expédié bien à temps pour réaliser quelques fournées avant Noël !

samedi 30 novembre 2013

Une part de ciel de Claudie Gallay

Lecture avec PriceMinister dans le cadre des Matchs de la rentrée littéraire PriceMinister-Rakuten : un grand merci pour ce livre !

Le résumé de l'éditeur :

Aux premiers jours de décembre, Carole regagne sa vallée natale, dans le massif de la Vanoise, où son père, Curtil, lui a donné rendez-vous. Elle retrouve son frère et sa soeur, restés depuis toujours dans le village de leur enfance. Garde forestier, Philippe rêve de baliser un sentier de randonnée suivant le chemin emprunté par Hannibal à travers les Alpes. Gaby, la plus jeune, vit dans un bungalow où elle attend son homme, en taule pour quelques mois, et élève une fille qui n’est pas la sienne. Dans le Val-des-Seuls, il y a aussi le vieux Sam, pourvoyeur de souvenirs, le beau Jean, la Baronne et ses chiens, le bar à Francky avec sa jolie serveuse…

Dans le gîte qu’elle loue, à côté de la scierie, Carole se consacre à une traduction sur la vie de Christo, l’artiste qui voile les choses pour mieux les révéler. Les jours passent, qui pourraient lui permettre de renouer avec Philippe et Gaby un lien qui n’a rien d’évident : Gaby et Philippe se comprennent, se ressemblent ; Carole est celle qui est partie, celle qui se pose trop de questions. Entre eux, comme une ombre, cet incendie qui a naguère détruit leur maison d’enfance et définitivement abîmé les poumons de Gaby. Décembre s’écoule, le froid s’installe, la neige arrive… Curtil sera-t-il là pour Noël ?






Avis :

Tombe la neige
Tu ne viendras pas ce soir
Tombe la neige
Et mon cœur s´habille de noir
  
Ces rimes me trottent dans la tête, au moment de rédiger ma critique : la neige !  Celle de ces boules de verre que Curtil a, de tout temps, expédiées à sa femme, lui annonçant ainsi la fin d'une de ses fugues et son retour.  Venait alors le temps de l'attente, de l'espoir et de ces gâteaux fabuleux auxquels les enfants ne pouvaient toucher...

Aujourd'hui adulte, Carole évoque cette époque, avec mélancolie, voire amertume.  C'est à elle, maintenant, que Curtil envoie ces fameuses boules à neige, l'invitant à rejoindre le village qui l'a vue naître où vivent toujours ses frère et sœur.  Le moment des retrouvailles familiales, en attendant Curtil, est donc venu : Carole regagne le Val pour quelques jours en décembre et y retrouve les siens, Philippe et Gaby.

En plus de sa famille, ce sont également les souvenirs et un lourd passé familial qui rattrapent Carole.  Au cœur de l'hiver, le Val semble immuable et le  temps paraît n'y avoir aucune emprise.  Pourtant la modernisation approche, sous la forme de cette nouvelle piste qui divise les villageois ou des améliorations que Francky souhaite apporter à son bar, le centre de vie informel du village.

Venue pour quelques jours, pensant rentrer chez elle avant les fêtes, Carole s'attarde pourtant, un peu étrangère au présent, à la recherche d'elle-même.  Elle attend son père, évoque le passé, hésite à le retrouver dans les bras de Jean, travaille à une traduction de la vie de Custo, prête main forte ici et là...

Dans ce village figé par l'hiver, Claudie Gallay nous invite à suivre quelques moments dans la vie de Carole.  En partance dès son arrivée... Peinant à établir le contact avec ses frère et soeur, à les toucher, ou l'inverse !   Au-delà des personnages centraux, Carole, Gaby et Philippe au cœur même du récit, l'auteur s'attarde également sur ceux qui les entourent, comme la Môme, cette enfant abandonnée qu'élève Gaby; le petit Marius, cadet de la famille à qui on ne parle plus; le vieux Sam, ses souvenirs et sa bonté; la Baronne et le curieux destin qu'elle s'est choisi; Diego et ses puzzles...  Décrivant leurs manies et leurs élans, Claudie Gallay nous offre ainsi des pépites humaines, rugueuses et attachantes, des personnalités qui donnent chaleur et vitalité au texte.

Outre ces personnages marquants, l'auteur dresse un magnifique décor, celui de la montagne en hiver : imprévisible, sauvage et cruel. Implacable avec les siens et si difficile à quitter.  Une nature qui confère une atmosphère sensible et intimiste à ce roman familial où le passé et les non-dits occupent une grande place.  Découvrant le Val à la suite des enfants de Curtil, j'ai pris grand plaisir à ce séjour hivernal, teinté de nostalgie et d'espoir.  Un voyage pareil à ce gâteau revenu de l'enfance, aux saveurs à moitié effacées, ravivé par les souvenirs et l'amour fraternels.

Ma note : 16/20

Un grand merci à  PriceMinister, en la personne d'Oliver, pour cette lecture dépaysante à découvrir ici !

D'autres avis à découvrir chez Syl et Jérôme.




Halloween, c'est fini...




Novembre se termine et avec lui le Challenge Halloween de Lou et Hilde : invitée par Syl, j'ai élu domicile pour quelques jours dans la maison hantée.  Pour mon plus grand plaisir !  


Malheureusement, de vilains microbes ont eu raison de moi et j'ai dû écourter ma visite.  Et même renoncer au défi de Syl...  

Le bilan est donc plutôt maigre : 

des albums jeunesse




des bandes dessinées :





une maison hantée :


C'est donc un peu déçue que je rédige ce billet mais bien décidée à me rattraper l'an prochain.  Et puis, je suis loin d'avoir tout perdu : j'ai retrouvé mes chaussettes !

Pour en avoir un aperçu, les billets récap' sont ici et .  Un tout grand merci à nous deux gentilles organisatrices !

Challenge Halloween de Lou et Hilde



Et en guise d'au-revoir, un extrait de mon grimoire que je m'étais promis de partager cette année...














vendredi 29 novembre 2013

Le temps qui va, le temps qui vient d'Hiromi Kawakami


La présentation de l'éditeur :

C'est non pas une coupe de saké mais un poisson à la main que l'on pénètre dans ce petit quartier commerçant de Tôkyô. Car c'est surtout dans la boutique du poissonnier amateur de Cocteau que se rencontre la chaleureuse communauté de gens qui l'habitent. Chacun à son tour prend la parole dans une manière de fugue à la composition surprenante, à la fois très structurée et d'apparence aussi aléatoire que le hasard qui enchevêtre ces vies les unes aux autres. De chapitre en chapitre, les fils de ces existences séparées peu à peu se rejoignent et dessinent un motif qui ne deviendra pleinement lisible qu'aux derniers accords de la fin.

Il est question de solitude et de rencontres, de passions secrètes, de joies modestes mais délectables, et l'écriture ne se fait jamais plus légère que lorsqu'il s'agit d'évoquer les choses graves.

Avis :
  
Un professeur d'anglais observant son poissonnier, une photographe de la pluie, un étudiant renfermé évoquant son père,  un cuisinier qui entretient des relations tumultueuses avec sa patronne...  Les héros (un terme qui me semble un peu incongru en regard de cette lecture)se suivent et ne se ressemblent pas. Hiromi Kawakami nous livre des tranches de vie au cœur d’un quartier commerçant de Tokyo.  Le point commun entre les personnages mis en scène : cette rue animée, faite de petits commerces et surtout cette poissonnerie dont le patron affiche sa passion pour Cocteau et Picasso.  

Les chapitres se succèdent, chacun dédié à un personnage différent, dont on découvre subtilement les liens avec les précédents.  Les protagonistes nous livrent en quelque sorte leur musique intérieure : leur histoire, leur quotidien, leurs préoccupations...  Le récit est intimiste, chacun y évoque ses relations à l’autre, en famille, en couple, au travail.


A chaque nouveau chapitre, le lecteur tente de deviner qui est le narrateur et de le cerner, voire de lui trouver un lien avec les pages qui précèdent.  Dans la logique de ces vies dévoilées, pas de chronologie rectiligne car nous retrouvons, de loin en loin, les personnages à des époques différentes, dans un ensemble dépaysant et plein de charme.


Challenge Ecrivains japonais : Lecture du mois de novembre, Hiromi Kawakami

jeudi 28 novembre 2013

Les Apparences de Gillian Flynn

La présentation de l'éditeur :

Amy et Nick forment en apparence un couple modèle. Victimes de la crise financière, ils ont quitté Manhattan pour s'installer dans le Missouri. Un jour, Amy disparaît et leur maison est saccagée. L'enquête policière prend vite une tournure inattendue : petits secrets entre époux et trahisons sans importance de la vie conjugale font de Nick le suspect idéal. Alors qu'il essaie lui aussi de retrouver Amy, il découvre qu'elle dissimulait beaucoup de choses, certaines sans gravité, d'autres plus inquiétantes.


Avis 

Gagné chez Cajou, voici un roman policier captivant, savamment construit : son décor ressemble tant au nôtre et son réalisme fait froid dans le dos...

Amy et Nick s'apprêtent à fêter leur cinquième anniversaire de mariage : comme à son habitude, Amy a préparé un jeu de piste à l'intention de son époux.  Pourtant, Nick est appelé par un voisin : la maison est ouverte et Amy semble avoir disparu.  Agression ou mise en scène ?

Dès le départ, les récits d’Amy et de Nick se suivent, détaillant leur quotidien et la genèse de leur love story.  Peu à peu, des discordances apparaissent et le malaise s’installe : le récit de leur histoire que livre chacun des membres du couple semble bancal… 


Entre ces deux interprétations de la réalité, le cœur du lecteur balance !  D’autant que Gillian Flynn s’ingénie à enchaîner fausses pistes et retournements de situation.  L’histoire est articulée en trois volets : avec finesse et psychologie, l’auteur y détaille la vie de ce couple pour le moins « particulier ».  

Plus les pages défilent, plus la folie s’installe, effrayante de manipulation et de banalité...   Un excellent thriller que je vous invite, sans en dire davantage, à découvrir à votre tour !  

lundi 25 novembre 2013

Poule rousse de Lida et Étienne Morel


La présentation de l'éditeur :

Conte d'origine irlandaise qui relate l'histoire de deux amies : la Poule Rousse et Tourterelle. Renard affamé veut dévorer la grassouillette Poule Rousse mais Tourterelle plus rusée que l'ennemi arrive à le détourner de ce projet.

Avis 

Les albums du Père Castor proposent aujourd'hui des titres anciens, à destination des générations actuelles.  C'est ainsi que le classique Poule rousse vient de sortir, fidèle au texte et aux illustrations d'origine.

Cet album met en scène l'amitié entre Poulerousse et la tourterelle : des visites quotidiennes et d'agréables papotages les occupent agréablement. Attiré par les rondeurs de la poule, Renard découvrira à ses dépens que les deux amies sont également liées face au danger...
 
Dans cette version vintage, le texte et les illustrations classiques se mêlent de très façon bien agréable : l'ensemble est gai, animé et le lecteur attiré par les aventures de Poulerousse, aux prises avec les manigances du renard. Cette réalisation soignée est une belle réussite : couleur du papier, mise en page, tonalités, ...  Le tout donne à cet ouvrage un charme désuet du plus bel effet.

Quant au récit, cet ouvrage permet de redécouvrir une jolie histoire d'amitié et d'astuce : un conte qui fait la part belle à la vivacité, où pour s'en sortir, il n'est pas besoin d'être le plus fort...  

Un grand merci aux éditions Flammarion pour cette lecture en partenariat.

jeudi 21 novembre 2013

Que vont devenir les grenouilles ? de Lorrie Moore


Lecture en partenariat avec Livraddict et les éditions Points  : un grand merci à tous deux pour cette lecture !

La présentation de l'éditeur : 


Cet été-là, je travaillais avec Sils au Pays des légendes. Elle était Cendrillon, et moi, caissière à l’entrée. Avec elle, les journées finissaient par passer. On n’espérait pas grand-chose de la vie, seulement être ensemble. C’était l’été de nos quinze ans et rien ne comptait plus que l’amitié. Puis Sils a eu de sérieux ennuis. Pour l’aider, j’étais prête à tout, même à enfreindre la loi.


Avis : 


Coincée dans un mariage un peu bancal, Berie tue le temps à Paris, attendant un mari en congrès,  sans vraiment profiter de ce qui pourrait être un séjour idyllique.  Elle se remémore l'été de ses quinze ans et son amitié avec Sils : leur vie tourne alors autour du Pays des légendes où elles sont toutes deux employées, Sils en Cendrillon, Berie à la caisse...  Cette année-là, Sils tombe enceinte et Berie fera tout pour l'aider à avorter.

Attirée par la couverture colorée et le résumé mis en avant, je pensais y découvrir une histoire d'amitié plutôt enjouée mais ce roman m'a paru assez plat et je me suis perdue de loin en loin, ne parvenant pas à suivre les pérégrinations de l'auteur.

Ce récit entremêle les déambulations de Berie dans Paris, ses journées sans son mari et la rétrospective de sa jeunesse; l'ensemble est désabusé et un peu morne.  Nous y suivons, principalement, les aventures de Berie et de Sils, dans les années 70 : leur famille respective, leurs épopées un peu folles, voire dangereuses, leur légèreté. 

Pourtant, malgré le petit grain de folie qui les habite, ou devrais-je dire l'insouciance de leurs quinze ans, l'univers mis en scène par Lorrie Moore reste sombre et désenchanté.    A titre d'exemple, les familles des deux héroïnes m'ont donné un sentiment étrange de désintérêt et de peu d'implication pour l'existence de leurs enfants.  Peut-être est-ce dû à l'état d'esprit de Berie, perdue dans un mauvais mariage.  Même le Pays des légendes m'a paru fané et de peu d'attrait !

Certaines touches d'humour viennent de temps en temps égayer le récit et l'amitié entre Sils et Berie subsiste, un peu effilochée, malgré la distance et le temps passé.  Voici qui vient éclairer un peu l'histoire mais l'impression globale de tristesse persiste néanmoins.


Logo Livraddict  

mercredi 20 novembre 2013

La légende du serpent blanc d'Alexandre Zouaghi et Yi Wang



Lecture en partenariat dans le cadre de l'opération Masse Critique : un grand merci à Babelio et aux Editions HongFei Cultures.


La présentation de l'éditeur :

Deux serpents, Baï "Blanche" et sa soeur Qing "Indigo", vivaient dans une montagne reculée de Chine. Ayant acquis le pouvoir de se transformer en femmes, elles se rendirent au lac de l’Ouest réputé pour sa beauté. Baï y trouva l’amour et se maria avec Xuxian, apothicaire modeste ignorant tout de la vraie nature de son épouse. Offensé par cette union "contre-nature", un bonze moraliste révéla à Xuxian la véritable figure de Baï. Mort d’effroi, Xuxian est ramené à la vie grâce à une herbe magique que la courageuse Baï, enceinte, a rapporté au péril de sa vie. S’ensuivra un combat sans merci entre le bonze et les deux femmes serpents. Symboles d’intégrité, de liberté et de dévouement, elles l’emporteront finalement, ouvrant aux heureux époux et à leur enfant une vie d’amour.

Avis :


Découvertes au Salon du livre jeunesse, les Editions HongFei Cultures cherchent à encourager le brassage culturel entre l'Europe et l'Extrême Orient à travers la littérature jeunesse.  Leur catalogue m'avait bien tentée; parmi ces petits bijoux, j'ai notamment craqué pour Le calligraphe. Grâce à cette Masse Critique, j'ai pu découvrir La légende du serpent blanc, une autre de leurs publications.

Dans les montagnes de Chine vivent deux sœurs-serpents : Baï et Quing. Dotées de fantastiques pouvoirs, elles peuvent se transformer au gré de leurs envies.  Au fil du temps et de leurs rencontres, elles rêvent de découvrir d'autres paysages et à force de patience, parviennent à rejoindre le pays du lac de l'Ouest sous la forme de deux jeunes femmes.

Charmées par le paysage, Baï et Qing profitent de leur promenade et Baï tombe sous le charme d'un jeune promeneur.  L'attirance est réciproque et les jeunes gens convolent bientôt.  Un avenir sans nuage semble s'annoncer mais le bonze Fahaï, supérieur d'un monastère tout proche, est bien décidé à mettre fin à cette idylle.


La collaboration entre Alexandre Zouaghi, pour le texte, et Yi Wang, pour les illustrations, nous offre un superbe album présentant une légende chinoise : il invite à la tolérance et prône la liberté d'aimer. 

L'ouvrage est de grand format, la couverture est mate et les tons employés sont paisibles.  Les dessins sont délicats, au diapason des couleurs choisies et parfois rehaussés de collages.  L'ensemble est délicat, subtil et les détails méritent toute l'attention du lecteur.  L'album est découpé en actes et chacun se termine par une double page à déplier, un joli tableau.  Un grand merci à Babelio et aux Editions HongFei Cultures pour cette belle découverte.

Que vous aimiez Sylvain Tesson ou Twilight,Daphné du Maurier ou Claude Sarraute,   Babelio  vous invite toute l’année à découvrir des nouveaux livres et à partager vos critiques de livres.


mardi 19 novembre 2013

Monstrueux de Natsuo Kirino


La présentation de l'éditeur :

Ma sœur Yuriko était un monstre. Une beauté époustouflante, anormale. Elle nous méprisait, ma mère et moi. Seuls les hommes l'intéressaient. Quand elle avait quinze ans, le lycée de Tokyo tout entier lui est passé dessus. Elle pensait réussir grâce à son corps. Son cadavre a été retrouvé dans un meublé crasseux. Aujourd'hui, on me demande de témoigner...


Avis 

Le procès du meurtrier de deux prostituées à Tokyo est sur le point de s'ouvrir : Yuriko et Kazue ont toutes deux été tuées dans des circonstances similaires et leur assassin semble le même.  Appelée à témoigner, la sœur de Yuriko revient longuement sur sa vie et les circonstances qui ont conduit au drame.  Au fil du récit, elle cède la place aux journaux de Yuriko et Kazue, nous permettant une vision très complète des événements.

Nées de l'union d'un père suisse et d'une mère japonaise; Yuriko et sa sœur ont peu de points communs : la beauté exceptionnelle de Yuriko semble l'avoir mise à l'écart au sein de sa famille-même.  Pour son aînée, c'est un monstre, invisible à première vue mais pour qui dépasse les apparences, ce fait est une évidence.

Désireuse de se démarquer de sa famille et de sa cadette, la sœur de Yuriko a intégré le prestigieux lycée K tandis que les siens quittaient le Japon pour la Suisse.  Au décès de sa mère, par suicide, Yuriko décide de rentrer au pays et est scolarisée dans le même établissement, elle y trouvera le moyen de focaliser l'attention et ainsi y fera ses premiers pas dans la prostitution.  Jusqu'à sa mort...


Dans ce roman dense et captivant, Natsuo Kirino nous offre ici une vision sans concession de la société japonaise : travailleurs immigrés, place de la femme, système scolaire, ...  De la même manière, elle applique le même traitement à ses protagonistes et à leur famille : au plus profond de l'âme, les monstres sont légion.  Un récit dur et fort, qui mérite plutôt la mention de "roman psychologique" que de "thriller".  Surtout au vu de la fin qui démérite un peu en regard des pages précédentes.



Challenge Ecrivains japonais : Lecture du mois d'octobre, Natsuo Kirino